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Dioxyde de titane : le gouvernement veut des résultats à court terme

Marjolaine Cérou |  4 Septembre 2017 | 

Utilisé pour ses propriétés blanchissantes, le dioxyde de titane est entre autres retrouvé dans les chewing-gums. Crédits photo : Fotolia.

Le gouvernement a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour finaliser à court terme les travaux entamés sur le dioxyde de titane (E171) sous forme nanoparticulaire dans les aliments. Face aux incertitudes sur l’impact de cette substance à l’échelle granulométrique, la France voudrait être en mesure de porter au niveau européen un dossier permettant d’alimenter par des données détaillées la réévaluation de la substance par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa).


Une caractérisation des nanomatériaux complexe


Depuis l’étude de l’Inra révélant une altération de la réponse immunitaire intestinale et l’apparition de stades précoces de cancérogénèse du côlon chez le rat après ingestion orale de la substance, le dioxyde de titane s’est retrouvé sur le devant de la scène. Ce qui n’a pas manqué d’inquiéter bon nombre de consommateurs. Un phénomène renforcé durant la période estivale suite à l'enquête publiée par 60 millions de consommateurs mettant en avant la présence de dioxyde de titane sous forme nano dans des confiseries alors qu'elles n'étaient pas étiquetées en tant que tel.

Pour rappel, cet additif alimentaire est utilisé pour ses propriétés blanchissantes et d’exhausteur de goût. Il a été classé cancérigène possible pour l’Homme par inhalation par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Les travaux en cours devraient permettre de déterminer son impact sur l’organisme et son effet cancérogène suspecté.

Comme le rappelait dans nos colonnes Georges Favre, chef de produit nanomatériaux au LNE :. «La caractérisation des nanoparticules est un exercice complexe. Pour un même échantillon, les résultats obtenus peuvent être très différents » (lire Avril 2017, p90). Et, sans ces données, il est difficile d’évaluer le risque sanitaire de ces substances.


Un sujet à débattre aux États Généraux de l’Alimentation


Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé la poursuite des contrôles, activement menés par la DGCCRF. Les résultats seront présentés à l’occasion des États Généraux de l’Alimentation, qui ont démarré en juillet dernier. Le sujet y sera prochainement débattu, au regard des bénéfices attendus et des incertitudes sur le plan sanitaire. Les résultats de ce vaste plan de contrôle, novateur en Europe, seront présentés au niveau communautaire, toujours dans l’optique de clarifier la situation réglementaire.


En attendant, les obligations d’étiquetage restent d’actualité pour les transformateurs. La présence de tout nanomatériau manufacturé doit être dûment mentionnée dans la liste d’ingrédients dans le cadre du règlement Inco (1169/2011), qui intègre la définition du règlement Novel Food (UE 2283/2015). L'arrêté du 5 mai 2017 réglemente au niveau français cet étiquetage.