Process Alimentaire / Qualité / Fraudes : les lots de viande avariée polonaise ont tous été identifiés

Qualité

Fraudes : les lots de viande avariée polonaise ont tous été identifiés

Marjolaine Cérou |  4 Février 2019 | 

Les 795 kg de viande frauduleuse polonaise commercialisés en France ont été retrouvés. Ce qui met en exergue la fiabilité du système de traçabilité mais pose des questions sur la nécessité d’un renforcement des services de contrôle au niveau européen. Crédit : Adobe Stock.

Six ans après le Horsegate, 2,7 tonnes de viande avariée en provenance de Pologne ont été signalées le 30 janvier par la commission européenne. Au total, 13 pays ont été concernés dont la France. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, a annoncé le samedi 2 février que les 795 kg de viandes vendues en France par l’intermédiaire de neuf entreprises de négoce ont été identifiés. « 500 kg ont été bloqués et seront détruits, 150 kg ont été vendus au consommateur via notamment des boucheries. Les 145 kg restants ont été identifiés dans des lots de viandes commercialisés par des grossistes, boucheries ou restaurants. Une partie de ces lots a pu être retirée du marché », indique le ministère. Aucune viande frauduleuse n’a été retrouvée dans les circuits de la grande distribution. Il s’agit de restaurants et de boucheries en région Île de France principalement et dans les départements d’Ille et Vilaine (35) et du Loiret (45).

« Je tiens à souligner la réactivité des services du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et des professionnels du secteur qui se sont mobilisés pour gérer cette crise en moins de 72 heures. Cela démontre bien l’efficacité de notre système de traçabilité en France », déclare le Ministre Didier Guillaume. L’interprofession de l’élevage et de la viande Interbev se félicite également « de la performance du système de traçabilité français ayant permis de repérer rapidement les lots incriminés et de l’efficacité des services de contrôles vétérinaires ».

La fraude a été révélée par un journaliste de la presse polonaise qui a dénoncé l’activité illégale de l’abattoir de Kalinowo dans le nord du pays, qui abattait et commercialisait des bovins malades. Le commissaire européen en charge de la santé et de la sécurité des aliments Vytenis Andriukaitis, informé de la situation, a demandé à la Pologne de notifier le réseau RASFF, ce qui a permis une plus grande réactivité des États membres. Concernant la sécurité sanitaire, les autorités françaises ont fait savoir que « cette viande est impropre à la consommation car elle n’a pas fait l’objet d’une inspection officielle à l’abattoir mais aucun élément ne permet à ce stade d’identifier un risque pour le consommateur. Le risque bactérien est écarté par la cuisson ».

Vers un renforcement des contrôles européens ?

Ce nouveau cas de fraude pose toutefois la question du niveau de sévérité des services d’inspection polonais. Le commissaire européen Vytenis Andriukaitis a demandé une inspection de l’abattoir. « Le système d’alerte européen n’est pas suffisant. Il faut que dans les États membres les services de contrôle soient beaucoup plus pertinents et efficients. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut mettre en place des moyens de contrôle européens et un procureur européen dédié à la sécurité alimentaire », a indiqué ce week-end sur Europe 1, l’eurodéputé vice-président de la Commission de l’agriculture et du développement rural à Bruxelles.

De son côté, Interbev soutient la proposition du ministère de l’Agriculture de « créer une « task force » européenne d’enquête et de contrôle pour combattre les fraudes et prévenir les contaminations alimentaires partout en Europe ». Pour rassurer les consommateurs, l’interprofession en a également profité pour souligner l’importance du logo « Viandes de France » qui certifie l’origine française des viandes. Rappelons également que la France vient de prolonger de deux ans l’expérimentation qui impose la mention de l’origine de la viande utilisée en tant qu’ingrédients.