Process Alimentaire / Qualité / Lactalis : premières explications sur la contamination des laits infantiles

Qualité

Lactalis : premières explications sur la contamination des laits infantiles

Marjolaine Cérou |  11 Décembre 2017 | 

Le rayon baby food de Carrefour Cesson-Sévigné le lundi 11 décembre. Trois références de la marque Carrefour Baby sont concernées par ce rappel massif.

Que s’est-il passé sur le site de Craon en Mayenne ? L’usine du groupe Lactalis spécialisée dans la nutrition infantile a été sommée par Bercy de suspendre la commercialisation et de rappeler plusieurs références de produits de nutrition infantile fabriquées depuis le 15 février dernier. En cause, un risque de contamination par la bactérie pathogène Salmonella agona. Selon le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire : « les mesures prises par l’entreprise n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas-âge ».

Au moins 25 nourrissons contaminés

Début décembre, le Centre national de référence des salmonelles a signalé vingt cas de salmonellose chez des nourrissons âgés de moins de six mois. Les investigations menées par Lactalis en coopération avec les autorités ont mis en évidence que les nourrissons malades avaient consommé les produits commercialisés sous les marques Picot SL, Pepti Junior 1 et Milumel Bio 1, tous fabriqués à Craon (53). La semaine dernière, cinq nouveaux cas ont été déclarés, toujours chez de jeunes enfants. La même souche a été identifiée et confirmée par les scientifiques. L’un des bébés avait consommé du Picot riz 1er âge qui ne figurait pas dans la liste des références rappelées début décembre.

Plus de 600 lots concernés

D’après Lactalis, la contamination serait probablement survenue sur une des tours de séchage du site dans la période du 1er au 6 mai 2017. Aux douze références rappelées début décembre, 154 références à marque propre se sont ajoutées ce week-end (les lots concernés sont listés ici), soit au total 600 lots en comptant les marques distributeurs et les produits envoyés à l’export (la liste intégrale est en ligne sur le site de la DGCCRF). « Nous avons procédé à la mise en place d’un arrêt technique des installations afin d’y engager des mesures de nettoyage et de désinfection additionnelles et renforcées », indique Michel Nalet, directeur de la communication et des relations extérieures.

Reste maintenant à mieux comprendre ce qui s’est passé et comment cette contamination a pu arriver. En sachant que les produits laitiers font partie des matrices les plus souvent impliquées dans les salmonelloses.Des cas de contaminations par Enterobacter sakazakii ont démontré que des pathogènes pouvaient contaminer des équipements et survivre dans les conditions drastiques des tours de séchage.

De plus, les salmonelles ont la particularité de résister à la dessication. Salmonella agona résiste notamment à des valeurs d'Aw très faibles (0,20) et a déjà été à l'origine de toxi-infections alimentaires dans du lait en poudre dont une épidémie en France en 2005.