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Le Nutri-score divise encore

Marjolaine Cérou |  13 Novembre 2017 | 

Proposé par le Pr Serge Hecberg, le Nutri-score classe les produits du plus favorable à la santé en associant une lettre (A,B,C, D et E) à une couleur (du vert au rouge). Il tient compte des nutriments à valoriser et de ceux à limiter.

Signé le 31 octobre dernier, l’arrêté qui réglemente la forme de présentation Nutri-score, est loin de faire l’unanimité. Le dispositif d’étiquetage nutritionnel complémentaire au règlement Inco (UE 1169/2011) ressorti d’une expérimentation en magasins en conditions réelles d’achat parmi trois autres systèmes continue de semer la discorde chez les acteurs.

D’un côté, l’UFC Que choisir encourage les fabricants et distributeurs à s’engager et à « adopter sans délai ce modèle ». Pour l’association de consommateurs, ce système répond à un double objectif de donner plus d’informations aux consommateurs et d’aller vers une amélioration des profils nutritionnels. Quatre entreprises (Fleury Michon, Auchan, Intermarché et Leclerc) se sont engagées dès avril 2017 à adopter le Nutri-score, en amont du feu vert de la Commission européenne, signant une charte avec les ministères concernés et en présence des associations de consommateurs. Elles ont depuis été rejointes par Mc Cain et Danone.

Alliance 7 défend le NutriCouleurs

Toutefois, tous les fabricants ne sont pas à l'unisson. La fédération des produits de l’épicerie Alliance 7 reste campée sur ses positions et plaide toujours en faveur du système NutriCouleurs, qui a fait partie de l’expérimentation et qui s’inspire des feux tricolores retrouvés sur les packagings Outre-Manche : « Plusieurs entreprises alimentaires se sont d’ores et déjà engagées à améliorer et simplifier l’étiquetage nutritionnel de leurs produits. En utilisant le système NutriCouleurs, elles fournissent au consommateur une information précise sur la composition de leurs produits et améliorent leurs recettes. Elles répondent ainsi également aux attentes légitimes des consommateurs, qui recherchent toujours plus d’informations pour opérer leurs choix alimentaires ». Un code couleurs également plébiscité par les grands groupes Coca-Cola, Nestlé, Mondelez, PepsiCo ou encore Unilever.

Trouver un système applicable à l’ensemble des pays européens

L’un des aspects du Nutri-score qui dérange est la stigmatisation potentielle des produits, en fonction de la note obtenue par ce dernier. A ce titre, l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), qui s’est déjà engagée à accompagner les entreprises volontaires pour mettre en œuvre un étiquetage complémentaire, a rappelé qu’en termes d’alimentation « aucun aliment ne peut être considéré en soi comme bon ou mauvais pour la santé. L’équilibre alimentaire se fait sur la durée et repose notamment sur la diversité et la juste taille des portions. L’information nutritionnelle fait partie des outils visant à changer les comportements des consommateurs. L’éducation, notamment des jeunes et des populations défavorisées, sur la structuration des repas mais aussi la promotion d’un style de vie sain allié à une activité physique régulière, est tout aussi primordiale ».

Si le sujet divise, fédérations et associations se rejoignent sur un point : l’intérêt d’harmoniser l’étiquetage nutritionnel complémentaire à l’échelle européenne.