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Les cinq aliments les plus sensibles à la fraude

Marjolaine Cérou |  12 Novembre 2018 | 

L’origan est une plante aromatique souvent adultérée. Des chercheurs ont identifié des marqueurs permettant de déceler toute tentative de fraude. Crédit : Fotolia.

La conférence européenne FoodIntegrity , organisée par Eurofins, s’ouvre cette semaine à Nantes. Initié en 2014, ce projet européen a pour objectif de renforcer la protection des consommateurs et des professionnels du secteur agroalimentaire via le développement d’outils pour améliorer la détection des fraudes et renforcer l’intégrité de la chaîne alimentaire. L’occasion de faire le point sur les denrées alimentaires qui sont reconnues comme les plus adultérées.

L’huile d’olive sous étroite surveillance

En 2013, l’huile d’olive arrivait en tête de la liste des dix produits les plus fraudés d’après le rapport de la Commission Envi du Parlement européen. Cinq ans plus tard, la denrée reste sous étroite surveillance. La Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) met l’accent lors de ses campagnes de contrôle sur les ventes sur Internet, un canal susceptible de générer le plus de fraudes. La dernière campagne de 2016 a révélé un taux d’anomalies de 59 %. Ces non-conformités vont de l'erreur d'étiquetage à la tromperie. Ce plan de contrôle a également mis en exergue que le plus faible taux d'anomalies provient des contrôles effectués en grandes surfaces ou dans les boutiques spécialisées (lire Novembre 2018, p.87 ).

Le miel, une cible de toujours

Le miel fait partie des produits les plus adultérés. Les tromperies les plus répertoriées sont liées à l’ajout de sirop de sucre exogène ou à des indications fausses de l’origine (UE, non UE), un risque accru avec la disparition progressive des abeilles reconnues aujourd’hui comme espèce menacée. C’est ce qui a poussé le Syndicat Français du Miel (qui rassemble 13 fabricants du secteur) à signer une charte de déontologie qui fait de la lutte contre l’adultération une priorité. Celle-ci tient compte des préoccupations des consommateurs vis-à-vis de la fraude et de la loyauté de l’étiquetage. Famille Michaud a, de son côté, investi dans la technologie RMN pour attester de l’authenticité de ses produits (lire Mars 2016, p.97 ).

L’eau de coco et ses sucres ajoutés

L’eau de coco est une boisson tendance. Mais qui dit produit en vogue, dit fraudes potentielles. D’autant plus que la situation réglementaire concernant l’ajout d’ingrédient n’est pas clairement définie. Ainsi, de récentes études indiquent que l’eau de coco peut être coupée avec du sucre de canne ou du sirop de maïs, sans que cela ne soit mentionné sur l’étiquetage. Or, ces ajouts induisent le consommateur en erreur. Ils font aussi perdre à la boisson, réputée pour être faible en calories, ses propriétés nutritionnelles.

Un marqueur pour déceler la fraude sur l’origan

Il est déjà connu que l’origan peut être falsifié. Pour répondre à la demande, souvent bien supérieure à l’offre, les fabricants ajoutent parfois d’autres feuilles de plantes (olives, sumac, myrte, etc.). Une étude publiée dans Food Chemistry a analysé par spectrométrie de masse les résidus de plus de 400 pesticides présents dans de l’origan pur et dans des échantillons frauduleux. Les chercheurs ont identifié l’insecticide pyriproxyfène, absent dans le véritable origan, comme un marqueur potentiel d’adultération.

Le safran et ses mix frauduleux

Du fait de son prix élevé (environ 2 000 euros le kilo), le safran est un candidat idéal pour les fraudes alimentaires. Issu du crocus, il se compose de deux parties : le stigmate et le crocus. La première, le stigmate, est considérée comme la partie noble car elle contient les principes actifs clefs. La seconde est constituée de cellulose. Un exemple de fraude est le mélange de poudre de safran contenant un mix des deux parties vendu à moitié prix. Mais d’autres épices, à l’instar du paprika, sont également sujettes à l’adultération.