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Mycotoxines : des non-conformités sous contrôle

Marjolaine Cérou |  10 Septembre 2018 | 

Le taux de contamination des denrées alimentaires par les mycotoxines se stabilisent. Ces contaminants de l’environnement restent dans le viseur de l’Efsa, qui publie régulièrement de nouveaux avis scientifiques. Crédit : Fotolia.

Chaque année, la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) surveille le taux de contaminations en mycotoxines dans les denrées alimentaires. Sur les 368 échantillons analysés en 2016, vingt d’entre eux ont été classés « impropres à la consommation », « à surveiller » ou « non conformes ». Ce qui représente un taux de non-conformités de 4,3 % (contre 5 % en 2015). Outre la présence des mycotoxines, cette enquête vise également à contrôler la présence d’alcaloïdes de l’ergot et d'alcaloïdes tropaniques, des substances toxiques retrouvées dans des mauvaises herbes comme la Datura Stramonium.

Ainsi, sept échantillons (fruits à coque, curcuma en poudre, seigle, farine de seigle biologique) ont été classés par les autorités comme impropres à la consommation suite à des teneurs trop élevées en aflatoxines B1 et totales, en ochratoxine A, en alcaloïdes de l’ergot et en deoxynivalenol (DON). Tandis qu’un échantillon de farine de sarrasin biologique a été repéré pour sa teneur en alcaloïdes tropaniques.

Huit prélèvements ont été déclarés non conformes. Il s’agit principalement de riz rouge du Sri Lanka et d’un échantillon de pâte d’arachide du Mali pour leur teneur en aflatoxine B1. Des raisins secs et de la farine de blé ont été signalés suite à la présence en trop grande quantité d’ochratoxine A. Et un échantillon de complément alimentaire à base de levure de riz rouge a révélé une teneur trop élevée en citrinine. Enfin, une quantité en patuline a été détectée dans quatre jus de pomme.

Des échantillons de riz basmati, de farines de seigle et de maïs biologique ainsi que de jus de pommes gazéifiés ont été classés comme « à surveiller » pour des teneurs trop importantes en ochratoxine A, en fumonisines B1+B2 et en patuline.

De nouvelles mesures de gestion des risques sanitaires à venir

Ces campagnes de contrôles servent également aux inspecteurs pour la mise en place de nouvelles mesures de gestion des risques sanitaires relatives à ces contaminants. Pour rappel, suite à une exposition prolongée, les mycotoxines sont suspectées d’avoir des effets carcinogènes et mutagènes. A l’heure actuelle, six d’entre-elles sont réglementées par le règlement européen n°1881/2006 qui fixe les teneurs maximales. Toutefois, ce règlement n’a pas été amendé depuis 2005 pour ces contaminants biologiques. Entre temps, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié un avis sur les risques liés à l’ exposition au déoxynivalénol et à ses formes modifiées (lire Septembre 2018, p 115 ). Un rapport a également été dédié aux toxines T2 et HT2, encore non réglementées mais pour lesquelles il existe des recommandations. Ce contexte présage des évolutions réglementaires potentielles au niveau européen. La DGCCRF informe d’ores et déjà que des discussions auront lieu sur la révision ou la mise en place de mesures de gestion des risques sanitaires relatifs à ces contaminants.

A lire dans notre numéro de septembre 2018 :

Un article sur les formes modifiées des mycotoxines, actuellement dans le viseur de l’Efsa, et un tour de l’offre des kits de détection rapides des mycotoxines réglementées.