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Qualité

Nanomatériaux, phtalates, plomb et nutrition au menu de l'Anses

Marjolaine Cérou |  30 Janvier 2017 | 

L'un des axes de travail de l'Anses se focalisera sur l'évaluation des risques associés à la présence de nanomatériaux dans l'alimentation.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a présenté ce matin son programme de travail pour 2017. Après une année 2016 marquée par un élargissement de ses missions (autorisation de mise sur le marché des produits biocides) et la publication de plusieurs travaux d'expertise (risques d'exposition aux phtalates, critères d'identification des perturbateurs endocriniens, etc.), l'agence veut se concentrer sur les risques émergents.

Les nanomatériaux sous haute surveillance

L'un des axes majeurs de l'Anses est consacré à l'évaluation des risques associés à la présence de nanomatériaux dans l'alimentation. Suite à la publication de l'étude de l'Inra pointant les effets négatifs du dioxyde de titane (E171) sur le côlon chez les rats, l'Agence a été saisie par le gouvernement pour apprécier la faisabilité d'une évaluation des risques de l'additif E171 pour la consommation. Début janvier, l’Anses avait lancé un appel à candidatures d’experts scientifiques afin de procéder à la constitution d’un groupe de travail (GT) «Nanos & Alimentation» dont les résultats sont attendus pour septembre 2018. Outre l'exposition alimentaire, celle des travailleurs du secteur agroalimentaire sera aussi examinée.

Une expertise sur les effets cumulés des phtalates

En parallèle, l'Anses va poursuivre ses travaux sur les phtalates. Les recherches vont à présent se concentrer sur une évaluation des risques cumulés, en prenant en considération plusieurs voies d'exposition (alimentation, air et poussières). Pour rappel, 10 phtalates ont été mesurés en 2013 dans les échantillons de la deuxième étude de l'alimentation totale française. Une partie des données a permis de calculer les exposition de la population infantile. L'expertise, dont les résultats ont été publiés en octobre 2016, n'a pas permis de mettre en exergue de risques pour la santé. Toutefois, l'Anses recommande qu'une évaluation des risques soit conduite systématiquement préalablement à une mise sur le marché éventuelle.

Réduire la teneur en plomb dans l'eau de consommation

Autre thématique, la réduction de la teneur en plomb dans l'eau destinée à la consommation. La Direction générale de la Santé a saisi l'Agence pour évaluer l'efficacité et l'innocuité du traitement de l'eau du robinet par des orthophosphates qui ont la particularité de former un film protecteur sur les parois des canalisations dans le but de réduire la concentration en plomb. L'expertise sera finalisée en juin 2017. L'étude de l'alimentation totale avait en effet pointé du doigt des teneurs en plomb élevées dans les bâtiments anciens.

Des repères nutritionnels actualisés

L'Anses a également lancé une évaluation des risques liés à la présence de plantes dans les compléments alimentaires dont la présence est autorisée par l'arrêté du 24 juin 2014 pour accroître la sécurité des consommateurs.

Concernant l'alimentation, l'Agence vient d'actualiser les nouveaux repères nutritionnels du PNNS ( Lire ici ). Cette mise à jour sera complétée par la déclinaison de repères catégoriels pour les enfants, les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les personnes âgées. Ces travaux seront lancés dans le courant de l'année.

Enfin, les résultats de l'étude individuelle de consommation alimentaire (INCA 3) seront disponibles en 2017. Ils permettront d'en savoir plus sur l'évolution des habitudes alimentaires, notamment des enfants de moins de 3 ans, une période cruciale en matière de nutrition.