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Responsable qualité: un métier toujours en mutation

Anne-Katell Mousset  |  15 Novembre 2011 | 

Difficile de dresser un portrait de l’ingénieur qualité « moyen ». Le poste est majoritairement occupé par des femmes. Pas de secret à cela, elles sont déjà largement majoritaires dans les écoles d’agroalimentaire et encore plus dans celles ayant une dominante « qualité ». Créée à la fin des années 80 pour les premiers postes, la profession de responsable qualité est un métier jeune qui a pris de l’ampleur. « Au départ ils devaient surtout tenter de résoudre les problèmes au jour le jour, aujourd’hui ils doivent aller vers plus de prospectif pour permettre à l’entreprise de faire face à toutes les circonstances », analyse Didier Bornua du cabinet Agroalimentaire Conseil.

On les dit en permanence entre le marteau et l’enclume, entre l’exigence de qualité et celle de production. Ils sont surtout de plus en plus sollicités, que ce soit pour la conception de nouveaux locaux ou l’achat de matériel. Des tâches qui viennent s’ajouter « à beaucoup d’informations à retenir et énormément de choses à gérer au quotidien. Souvent des tâches administratives », poursuit-il. Le métier reste cependant très différent selon les entreprises. En clair, il n’existe pas un responsable qualité, mais une multitude en fonction des besoins de l’entreprise mais également selon les produits travaillés. « Entre une entreprise de plats cuisinés et une autre de découpe de volailles et conditionnement, les problématiques et donc le métier ne sont pas du tout les mêmes », explique Nicole Le Hir, déléguée régionale de l’Apecita Bretagne.

Une première génération peu diplômée

Après la traçabilité, l’HACCP, les référentiels… le nouveau cheval de bataille du responsable qualité pourrait bien être la gestion de crise. « C’est le sujet pour lequel nous sommes actuellement le plus sollicités. Concrètement, ils ont les compétences en interne, mais pour réaliser les documents ils se tournent vers des cabinets de conseil comme le nôtre, pour prendre le temps de se focaliser sur un sujet », explique Didier Bornua.

Les premiers responsables qualités sont maintenant arrivés en poste il y a une vingtaine d’années. Cette génération s’est formée sur le terrain. Elle n’est pas forcément très diplômée. Beaucoup d’entre eux ont obtenu des bac + 2 ou bac + 3. Nicole Le Hir de l’Apecita tire la sonnette d’alarme. Pour elle, il faut que ces cadres prennent en considération l’importance des VAE (validation des acquis par l’expérience). Un problème qui n’est d’ailleurs pas réservé aux postes de la qualité, la production est également concernée. En effet, ces cadres ont atteint, par l’expérience, des postes à responsabilités et leur cursus n’est pas harmonie avec leurs emplois. « En France, où les diplômes comptent beaucoup, cette situation peut être pénalisante pour un cadre s’il doit se retrouver à chercher un autre poste », explique Nicole Le Hir.

En effet, à l’heure actuelle la majorité des postes de responsables sont attribués à des bac + 5. « Un cadre qui a pris des responsabilités à force d’expérience et qui se retrouve sur le marché du travail avec un bac + 2, va se retrouver en concurrence avec des ingénieurs diplômés », analyse Nicole Le Hir. D’ailleurs dans la recherche d’un responsable qualité, rares sont les entreprises à ne pas exiger un bac + 5. Désormais, le bac + 2 ou bac + 3 est le plus souvent réservé à des postes d’assistant ou technicien qualité.

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