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Tiac. L'émergence des Salmonella « Typhimurium-like »

Josselin Moreau |  15 Juin 2010 | 

La dernière épidémie touche beaucoup d’enfants, ce qui accrédite l’hypothèse d’un très faible taux de contamination dans les produits consommés. © RomainQuéré - Fotolia.com

Le nombre de Tiac impliquant des variants monophasiques de Salmonella enterica sérotype Typhimurium augmente. En 2009, ce groupe arrive en troisième position des isolements après Typhimurium et Enteritidis. La réglementation prévoit déjà leur sérotypage en filière aviaire.

La dernière toxi-infection alimentaire collective de salmonelloses est toujours en cours. Au 9 juin 2010, elle concernait 32 personnes (cas épidémiques confirmés) dont 9 ont été hospitalisées depuis le mois d’avril. Plusieurs lots de saucisses sèches « Lou Montagnard » La Pause Auvergnate fabriqués par Les Salaisons du Lignon (Haute-Loire) sont suspectés d’avoir été contaminés par une souche de Salmonella de sérotype 4,12:i:-. L’alerte a été donnée dès le 7 mai par le CNR Salmonella de l’Institut Pasteur signalant un excès de cas d’infections humaines à ce variant du sérotype Typhimurium. Après investigations du CNR concernant le sous-typage moléculaire de la souche et enquêtes alimentaires de l’Institut national de veille sanitaire (INVS), un rappel national a été lancé le 27 mai sur le lot 040020900 de saucisse sèche « Lou Montagnard » La Pause Auvergnate, DLC du 01/06 au 15/06/10. Le fabricant, Les Salaisons du Lignon, a aussi mis en place un numéro vert.

Le 7 juin, le rappel a été étendu sur 14 autres lots même si, pour le moment, il s’agit d’une suspicion de contamination. Car, chez l’industriel, toutes les analyses à date (NDLR : le 9 juin 2010) sont négatives concernant la présence de la bactérie. « Nous avons analysé l’ensemble des produits de notre échantillothèque. En tout, nous avons 400 résultats négatifs sur produits frais et 800 sur matières premières et les mêlées », explique François Bonnet, dirigeant des Salaisons du Lignon. L’entreprise a renforcé ses contrôles libératoires sur les matières premières et les produits finis, et a relevé son plan d’échantillonnage avec 30 unités prélevées par échantillon au lieu de 5.

« La virulence de cette souche est semblable à celle d’une Tiac classique à Salmonella, avec un taux d’hospitalisation et une gravité des symptômes tout à fait comparables », indique Nathalie Jourdan Da Silva, médecin épidémiologiste au département des maladies infectieuses de l’INVS. Une des hypothèses privilégiées par les scientifiques serait que le niveau de contamination était très faible à l’origine, ce qui pourrait expliquer qu’aucun contrôle n’a pu détecter la présence du pathogène.

  • A lire dans le numéro de juin de Process alimentaire. Un point sur l’émergence des variants monophasiques de Salmonella enterica sérotype Typhimurium