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Tiacs : listeriose et campylobacteriose continuent d'augmenter

Marjolaine Cérou |  18 Décembre 2017 | 

Bien que Campylobacter soit détruit à la cuisson, de nombreux cas sont quand même recensés, notamment suite à des contaminations croisées. LPour limiter les contaminations, le règlement européen UE n°2017/1495 fixe le critère d’hygiène des procédés de 1000 UFC (unités formant colonies) par gramme après le ressuage. Il sera applicable de façon modulable au 1er janvier 2018. Crédit : Fotolia.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ont publié leur rapport annuel pour l’année 2016 sur la surveillance des zoonoses et des maladies d'origine alimentaire en Europe .

246 307 cas de campylobactériose ont été détectés en 2016, soit une augmentation de 6,1 % par rapport à l’année précédente. Pathogène des volailles par excellence, Campylobacter est difficile à éradiquer du fait sa forte prévalence sur ces espèces. Selon une étude de l'Efsa, 75,8% des carcasses étaient contaminées en 2008. Dans l’optique de réduire la prévalence de la maladie, la Commission européenne a publié fin août le règlement UE n°2017/1495. Celui-ci fixe pour la première fois un critère modulable d’hygiène des procédés pour le pathogène dans les poulets de chair (lire Octobre 2017, p98). Le texte entre en application en janvier 2018. Ainsi, 40 % d’échantillons contaminés seront tolérés à partir de cette date. Le critère sera dégressif les années suivantes.

Autre maladie d’origine alimentaire en augmentation, la listeriose, les cas sont en hausse depuis quelques années. 9,3 % de sujets supplémentaires ont été répertoriés en 2016 avec 2536 cas déclarés et 247 décès signalés. Les seniors sont les personnes les plus sensibles (taux de mortalité 18,9 % chez les les plus de 64 ans et de 26,1 % chez les les plus de 84 ans). Ces contaminations sont souvent liées à la consommation d’aliments prêts à être consommés. Le rapport souligne néanmoins que Listeria ne dépasse pourtant que rarement les limites légales de sécurité dans les aliments prêts à consommer.

Les salmonelloses commencent à stagner

A l’inverse, les cas de salmonelloses ont atteint un palier. Cette décroissance est observée depuis 2007, année à partir de laquelle les mesures de surveillance ont été mises en place. Au total, 94 530 cas ont été répertoriés en sachant que 59 % des salmonelloses observées sont liées à S. enteriditis. Le document relève une augmentation de 3 % des contaminations par ce sérotype. En parallèle, la prévalence de ce pathogène est passée de 0,7 % à 1,21 % dans les élevages de poules pondeuses. « Ces chiffres montrent que nous devons rester vigilants », indique Mike Catchpole, directeur scientifique au sein de l’ECDC. Jusqu’à présent, les toxi-infections par Salmonella enteritidis ont été associées à la consommation d’œufs et de produits à base d’œufs. A noter que le serotype Salmonella agona, actuellement incriminé dans les contaminations de lait infantile Lactalis, représentait 0,6 % des contaminations en 2016.

Toutefois, ces chiffres , qui compilent les données récoltées en 2015 dans 28 États-membres, sont à prendre avec précaution. Les maladies d’origine alimentaire sont suivies par Santé Publique France (ex-INVS). En revanche, cela est plus compliqué pour les toxi-infections d’origine alimentaire dont le nombre est le plus souvent sous-estimé.