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Transport : des défaillances en termes de sécurité sanitaire

Anne-Katell Mousset |  4 Décembre 2012 | 

Un rapport de la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes pointe de graves manquements à la sécurité alimentaire en matière de transport d’aliments pour l’Homme et aussi pour l’animal.

Dans le cadre d’un plan de contrôle pluriannuel du transport des denrées, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a constaté de nombreuses anomalies, voire dans quelques cas, des manquements graves.

Tout d’abord du côté des aliments liquides ou pulvérulents destinés à l’alimentation humaine, la DGCCRF a constaté que des citernes dédiées au seul transport de ces denrées auraient également pu être utilisées pour transporter des sous-produits animaux impropres à la consommation humaine, comme des graisses animales (de bœufs, porcs, volailles ou poissons), des huiles de fritures usagées, des matières plastiques (granulat), ou encore des engrais liquides. Il est bien entendu interdit de croiser ce type de transport, comme l'indique le chapitre IV du Paquet Hygiène (CE 852/2004)

En ce qui concerne le transport des produits destinés à l’alimentation animale, même son de cloche. La DGCCRF a ainsi contrôlé une centaine d’entreprises et a constaté de nombreuses pratiques pouvant être à l’origine de contamination dans la chaîne : procédures de nettoyage et désinfection des bennes pas du tout ou pas suffisamment appliquées, transport de matières à risque, appel à des sous-traitants n'apportant pas toutes les garanties de sécurité.

Pour faire face à ces anomalies, pourtant, les professionnels s'engagent. En septembre dernier l'Aplica (Association professionnelle des laveurs intérieurs de citernes intégrées) a ainsi, à nouveau, signé, notamment avec l'Ania, une charte de bonnes pratiques de nettoyage. Du coté du transport d'aliments pour animaux, les transporteurs ont aussi signé une charte du même ordre : « Qualimat Transport ». Cette dernière, établie par l’association Oqualim et des représentants des transporteurs, existe depuis maintenant dix ans. Elle est centrée sur la maîtrise sanitaire durant le transport.

En dépit de ce genre de démarche, la DGCCRF a donc constaté des fraudes et notamment un non-respect de ces engagements. L’association Oqualim a réagit à cette annonce en déclarant que « les manquements constatés ne peuvent être acceptés. Des sanctions ont d’ores et déjà été prises par le biais de déréférencements d’entreprises de transport et la décision d’intervenir en justice a été prise lorsque les faits révélés ont été considérés comme de nature à porter préjudice à la profession. »