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Qualité

Un colorant non autorisé décelé par la DGCCRF dans des boissons

Marjolaine Cérou |  3 Septembre 2018 | 

La présence non autorisée de l’acide 4-amino carminique a été trouvée dans le colorant E 120 en 2015. Une nouvelle enquête a ciblé cette molécule : 19 % de non-conformités ont été identifiées par les autorités.

Une précédente enquête avait mis la puce à l’oreille de la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF). Les autorités avaient alors pointé du doigt la présence de l’acide 4-amino carminique, une molécule dérivée de l’acide carminique, dans le colorant E 120. Or, l’utilisation de cette molécule n’est pas autorisé dans l’Union européenne. A l’époque, les services de contrôle n’ont pu déterminer si cette dernière avait été introduite de manière fortuite ou volontaire. L’an dernier, une nouvelle campagne focalisée sur la conformité des colorants alimentaires E 120 commercialisés en France a révélé un taux de non-conformités de 19 %.

Quatre produits contenant le colorant non-autorisé

Sur les vingt-et-un échantillons analysés, le Service commun des laboratoires a mis en exergue une teneur anormalement élevée en acide 4-amino carminique dans quatre produits : une boisson gazeuse destinée aux enfants, des sirops et dans des confiseries. La commercialisation des produits concernés a été suspendue. Aucun rappel de produits n’a été effectué, l’Efsa ayant déclaré que la présence de la molécule dérivée ne présentait pas de risque additionnel pour le consommateur dans le cadre de la réévaluation du colorant. En effet, les spécifications pour le E 120 ont été révisées en avril 2018 sur la base des analyses transmises par les producteurs de colorants à la Commission européenne afin de fixer une teneur maximale en tant que colorant secondaire.

L’un des intérêts de cette molécule, synthétisée par chauffage de l’acide carminique en présence d’ammoniaque, est que la couleur obtenue est plus stable que le colorant E 120 dans les aliments acides. Ce qui est le cas des boissons aromatisées.

Des suites contentieuses ont été engagées à l’encontre des trois sociétés françaises responsables de la mise sur le marché des produits identifiés lors de l’enquête et de deux sociétés étrangères faisant partie des mêmes groupes internationaux. De plus, pour sensibiliser les États-membres, la Commission européenne a ouvert deux dossiers à titre d’information et d’investigation dans la base dédiée au réseau européen de lutte contre la fraude alimentaire Food Fraud, mise en place après la crise de la viande de cheval en 2013, pour les inviter à rester vigilants.