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Une bactérie OGM détectée dans l’alimentation animale

Marjolaine Cérou |  3 Décembre 2018 | 

La bactérie OGM Bacillus subtilis KCCM-10445 a été identifiée dans la vitamine B2. Une enquête est en cours. Selon la DGCCRF, il n’y aurait pas de risque immédiat pour le consommateur mais l'incident pourrait contribuer à diffuser dans l’environnement de gènes de résistance aux antibiotiques. Crédit : Adobe Stock.

L’information a été révélée par « Le Monde » la semaine dernière. La bactérie OGM Bacillus subtilis KCCM-10445 et ses gènes d’antiobiorésistance ont été détectés dans de la vitamine B2 (riboflavine) utilisée en alimentation animale. L’alerte a été donnée par les autorités belges dès le 2 octobre. D’après la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), en date du 26 novembre 2018, environ 150 tonnes d’aliments pour animaux (pré-mélanges ou aliments complets) auraient été distribués à trois fabricants d’aliments et à douze éleveurs.

« La vitamine B2 est un additif indispensable à l’alimentation animale qui peut être produite par des bactéries dites OGM portant un gène d’antibiorésistance, en sachant qu’à la fin du process, toute trace de bactérie doit être éliminée de l’alimentation animale », explique la répression des fraudes. En sachant que les denrées destinées à l’alimentation animale contenant des traces de bactéries génétiquement modifiées ne sont pas conformes à la réglementation, sauf si elles ont obtenu au préalable une autorisation au titre de la réglementation OGM. L'Efsa a également publié un avis en mars 2018.

Des enquêtes sont menées par les services des ministères de l’Agriculture et de l’Économie et des Finances pour identifier les exploitations et entreprises ayant été effectivement approvisionnées avec ces aliments et s’assurer du retrait de ces lots. « Les premières conclusions montrent que les fabricants d’aliments avaient déjà utilisé les pré-mélanges qu’ils avaient reçus au moment où ils ont appris qu’ils contenaient l’additif concerné. Plus d’une centaine d’élevages clients pourraient avoir été approvisionnés. Une partie des aliments a été consommée par les animaux, sans qu’il ne soit possible d’en préciser la quantité à ce stade. Tous les stocks restants sont néanmoins bloqués », affirme la DGCCRF.

«Pas de risque immédiat pour les consommateurs»

Pour autant, les autorités assurent qu’il n’y a pas de risque pour les consommateurs. « La consommation de ces aliments par les animaux ne présente aucun risque immédiat pour le consommateur : la bactérie utilisée et ses gènes d’antibio-résistance sont jugés sans risque pour l’Homme », souligne la DGCCRF, qui précise toutefois que ce type d’aliments peut néanmoins concourir à la diffusion globale dans l’environnement de gènes de résistance aux antibiotiques. « Les autorités françaises prennent donc cette alerte avec le plus grand sérieux et souhaitent que la Commission européenne précise au plus vite des lignes directrices de gestion harmonisées au niveau de l'Union européenne », déclare la DGCCRF.

A l’échelle européenne, une réunion se tient ce lundi sous l’égide de la Commission. Elle devrait permettre de définir les actions à entreprendre dans l’optique de mettre en place une gestion harmonisée entre États-membres.