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Sommaire de février 2009 - n°1256

10 Février 2009 | 

Editorial

François Morel, rédacteur en chef

"Les lignes bougent"

A croire que tout va bien : le rebond des salaires dans l’agroalimentaire (lire notre enquête) est plutôt un bon signe. Mais la crise économique n’est pas sans impact sur l’industrie agroalimentaire. Des responsables d’entreprises témoignent d’un glissement de la demande, vers des produits « premiers prix » et ceux qu’on qualifie de bas de gamme. Il faut donc affronter cette nouvelle donne : la baisse de pouvoir d’achat vécue par un grand nombre de familles.

Que peut faire l’agroalimentaire? Certainement faire le maximum au niveau des prix, tout en sachant qu’ils résultent de toute une chaîne (voir le rapport Besson), et en évitant un certain nombre de pièges. A commencer par abandonner le cap de la qualité qui, dans notre secteur si spécifique, reste un principe « non négociable ». Si on ne veut par recréer d’autres bulles, dans un tel contexte économique, il faut absolument se méfier des solutions à courte vue, du type robotisation à outrance, ou fuite en avant dans la concentration… La mécanisation, poussée par les prix bas, doit absolument aujourd’hui se repenser en termes d’organisation d’entreprise et d’usine. Ne pas oublier les principes de Ford: « mes premiers clients sont mes employés ». Première règle du capitalisme à visage humain. Les lignes bougent également pour la grande distribution. Cela laisse songeur de constater que 36 ans après la Loi Royer (destinée à protéger le petit commerce contre les grandes surfaces) les mêmes « font aujourd’hui leurs emplettes en centre-ville ». Une volte-face due, certes, à la LME, mais qui vient essentiellement du changement de comportement des consommateurs.

Tout laisse penser qu’il y a une véritable prise de conscience des problèmes environnementaux, et une remise en cause de l’hyper consommation, comme le souligne Robert Rochefort du Credoc. Les consommateurs ouvrent les yeux sur les mécanismes de formation/augmentation des prix en GMS. Il n’est pas improbable de les voir entrer en résistance ! En attendant des changements stratégiques profonds (développement durable, responsabilité sociale...), le meilleur remède pour l’industrie est de s’adapter, et vite.