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Sommaire de juillet-août 2009 - n°1261

10 Juillet 2009 | 

Editorial

François Morel, rédacteur en chef

"Du bon sens"

Comment se peut-il que nous n’ayons pas été capables de prévoir le retournement du marché laitier ? Il faut quand même se poser des questions. Manquons-nous de vigilance, ou bien de bon sens ? On ne peut que dénoncer ce qui relève de la méconnaissance des négociations interprofessionnelles laitières, dont a fait preuve, l’an dernier, la DGCCRF. Pour les assimiler à une entente illicite, il faut vraiment n’avoir jamais connu la tension qui règne dans les discussions entre producteurs et transformateurs.

La libéralisation du prix du lait n’est pas, de toute façon, une bonne chose. Car, hormis le cas des labels, le lait est une matière première, identique pour tous les transformateurs. Et c’est si vrai qu’on ne compte plus les citernes qui traversent la France d’une usine à l’autre. Difficile aussi de faire croire que la solution pour les producteurs, face à la puissance de la grande distribution, est de s’organiser et de couper (ou l’ouvrir) le robinet suivant le prix. C’est oublier complètement les réalités biologiques ! Pour souligner la nécessité d’un encadrement de la production, l’économiste Philippe Chalmin parle à juste raison de « l’exception laitière ». Il considère « la suppression des quotas comme une ineptie », sachant que les laitiers français n’ont pas vocation à aller sur le marché international.

Le 13 juillet, le nouveau ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, s’est dit favorable à la mise en place d’un dispositif plus fin : il ne veut pas « moins que les quotas, mais mieux que les quotas ». Qu’il s’appelle double quota ou contractualisation, le besoin d’un nouveau cadre, particulièrement en Europe, fait l’unanimité. Dans l’immédiat, il n’y a pas de remède miracle. Le marché du lait est impacté par de très nombreux facteurs. Les transformateurs ont aussi à faire leur « mea culpa », sachant que le soutien n’est sans doute pas la meilleure solution à long terme. Il faut revenir à l’économique pur.

Partir des données dont dispose la profession et se mettre tous autour de la table, y compris avec la distribution si la régulation passe par là.