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Sommaire de novembre 2009 - n°1264 et Hors Série Ingrédients

10 Novembre 2009 | 

Editorial

François Morel, rédacteur en chef

Mal dans son assiette

On n’a jamais vu autant de décalage entre l’image des produits alimentaires et la réalité des progrès accomplis en matière d’alimentation. L’opinion vilipende de toutes parts « la nourriture industrielle, bourrée d’acides gras trans, de graisses saturées… » mettant en cause des produits de base, comme le beurre, la viande visée aussi, maintenant, par la nouvelle mode de « l’alimentation durable », ou encore l’huile de palme bon marché. De fait, ces produits sont à l’opposé de la diète méditerranéenne recommandée par tous les médecins nutritionnistes, mais la vision réduite au bien et au mal est pour le moins caricatural.

L’origine de la défiance des consommateurs est plutôt dans la communication. Ainsi, la Commission européenne souhaite accroître la lisibilité des systèmes d’étiquetage. Pour la raison, précisément, que les agriculteurs européens et les industriels, derrière eux, satisfont à des exigences et des normes qui comptent parmi les plus strictes au monde. Donc, cherchez l’erreur !

La défiance provient essentiellement des longues listes
d’ingrédients ou d’additifs qui entrent dans la composition des aliments et de la confusion des allégations santé et nutritionnelles. Or, elle vient d’être justifiée par la première série d’avis scientifiques de l’EFSA concernant la véracité des allégations nutritionnelles. Le résultat est que sur 523 allégations examinées –il en reste encore 4000– presque 80 % ont été recalées. Pour certains grands groupes qui se prévalent de défendre la santé des consommateurs, c’est un véritable camouflet!

Cette remise en ordre mais aussi le grand retour du naturel –qui marquera le FIE 2009– vont conduire l’industrie alimentaire à la reformulation d’un certain nombre de ses produits. La volonté de l’Europe d’améliorer les systèmes d’étiquetage, pour mettre en avant l’origine des produits, leurs qualités spécifiques (produit de montagne, spécialité traditionnelle), les modes de culture… devrait être, finalement, la pierre angulaire des nouvelles fondations de la transformation alimentaire.