Emballage

Bouteilles d'eau. La ruée sur le PET recyclé

14 décembre 2010 - François Morel

La sensibilisation des consommateurs et, rétroactivement, celle des industriels aux enjeux du développement durable, a chamboulé la donne économique et environnementale des bouteilles en plastique.

« Les temps ont bien changé ! » répond Frédéric Blanchard, directeur de l’usine Artenius PET Recycling France, premier producteur de PET recyclé en France, appartenant depuis 2007 au groupe espagnol La Seda, entre 1997, année où ce site a été construit et aujourd’hui. Le lancement du PET-R, il y a une dizaine d’années, arrivait un peu trop tôt : peu d’entreprises étaient sensibles à ce concept de recyclage « bottle to bottle ». En 2010, on peut parler de phénomène ! Les faits sont là. L’engouement pour les bouteilles en PET recyclé (en mélange avec du PET vierge) est tel que les capacités de production française sont déjà réservées pour 2011. Le site d’APPE (Artenius PET Packaging Europe) à Sainte-Marie-La-Blanche (Côte-d’Or), par exemple, est saturé. Bien qu’ayant déjà augmenté sa capacité de production de 40 % en 2008, avec le soutien de Valorplast, les 35 000 t/an du site ne répondent plus à la demande qui a doublé entre-temps.

Deux solutions pour y remédier.

Soit accroître les capacités de recyclage, soit augmenter d’abord - comme pour les briques alimentaires - le taux de collecte. Celui-ci, d’une bouteille sur deux actuellement, est jugé relativement faible. « Le risque, analyse Benoît Lefebvre, chargé des questions réglementaires à l’association des fabricants Elipso, est d’accroître la diversité des sources d’approvisionnement en matières premières. Autrement dit, la nécessité de trouver des alternatives aux bouteilles PET manquantes. Car on sortirait du concept « bottle to bottle », tel qu’il existe pour les bouteilles en verre. »

Filière noble de recyclage

Si la pression de la demande existe, c’est qu’il y a un intérêt. Lequel ? Pour comprendre la situation, il faut distinguer trois approches : l’approche économique, technique et environnementale. Frédéric Blanchard directeur de l’usine Sainte-Marie-La-Blanche tient à préciser que ce ne sont pas les recycleurs qui poussent à dépasser le seuil de 50 %, et plus, de PET-R dans les bouteilles. « Ce n’est pas une recommandation de notre part ; nous préconisons en général 25 %. » A un taux supérieur à 50 %, on arriverait très rapidement, d’une part, à un épuisement du gisement. D’autre part, du point de vue de la facilité de recyclage, il est préférable de respecter la règle des 80/20 : 80 % d’emballages à 20 % de PET-R, plutôt que l’inverse. S’il n’y a pas d’amélioration de la collecte dans les années à venir, il risque de se poser un problème de disponibilité de R-PET apte au contact aliment aire. On part, en effet, du principe que la filière noble du recyclage est liée au concept « bottle to bottle ». Le problème est que cette catégorie de résine ne représente, en fin de cycle, que 22 % des 115 000-120 000 t de PET-R commercialisées sur le marché. La quantité de bouteilles PET effectivement remise en circuit ne représente, au bout du compte, que 150 000 tonnes ; qu’il faut comparer au marché annuel d’environ 300 000 tonnes de PET.

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