Emballage

Bouteilles : une start-up toulousaine remplace le verre par de la fibre de lin

16 mars 2018 - Karine Ermenier

Pesant 170 g pour 75 cl, cette bouteille est fabriquée à partir d’un tissage cylindrique et préformé de fibres de lin appelé «mat». Elle dispose d’un film protecteur intérieur alimentaire permettant d’empêcher toutes transmissions d’odeurs et/ou de nanoparticules venus du lin et de la résine dans le contenu. Ce film, qui représente 9 % de la masse totale, ne sera 100 % biosourcé que dans 6 à 18 mois.

Le lin est une plante dont 67 % de la production mondiale est réalisée en France. Elle ne nécessite ni irrigation, ni produits phytosanitaires. Voilà comment la start-up toulousaine GreenGen Bottle débute l’argumentaire présentant son innovation : une bouteille à 91 % biosourcée, fabriquée à partir de composite de fibres de lin. Celle-ci se destine à remplacer le verre sur les marchés de la bière, du vin et des spiritueux. « Notre projet est révolutionnaire en ce qu’il va diminuer, et pourquoi pas à terme faire disparaître, les emballages en verre au profit de contenants d’origine végétale avec un bilan carbone négatif car la plante absorbe plus de carbone qu’il n’en faut pour produire la bouteille », justifie James de Roany, président de GreenGen Bottle. La jeune société part, en effet, du constat que le verre est coûteux à mettre en œuvre sur le plan énergétique car il nécessite de chauffer la matière jusqu’à 1 550 °C. «Il est également lourd et son bilan carbone transport est donc élevé», ajoute-t-il. Cette bouteille, elle, pèse 170 g pour 75 cl.

Industrialisable sur des chaînes d’embouteillage classiques

Elle dispose d’un film protecteur intérieur alimentaire permettant d’empêcher toutes transmissions (odeurs et/ou nanoparticules) en provenance du lin et de la résine dans le contenu. Ce film, qui représente 9 % de la masse totale, ne sera 100% biosourcé que dans 6 à 18 mois.

Le contenant, lui, est fabriqué à partir d’un tissage cylindrique et préformé de fibres de lin appelé «mat» ayant un aspect uniforme. Il est ensuite imprégné avec une résine thermoplastique d’origine végétale et cuit pour donner un composite ultrasolide. « La résine met en valeur la couleur bronze du lin et donne un aspect lisse, satiné et haut de gamme. Cela confère à la coque un touché agréable et une belle esthétique », argumente la start-up toulousaine. Il est également possible de teinter la fibre à partir de colorants naturels. « Les chaînes d’embouteillage classiques peuvent être utilisées en raison de la solidité, de la résistance aux chocs et aux rayures du composite de fibres de lin, ajoute James de Roany. Tous les tests qualitatifs sont achevés avec en particulier la tenue qualitative du contenu (alcool jusqu’à 60% vol), la tenue du bouchage dans les conditions requises de température, de pression et d’humidité.» La production de microséries industrielles de bouteilles de 70 et 75 cl est effective depuis décembre 2017 et la mise en oeuvre de la production sur chaîne industrielle prévue dans le cours de l’année 2018. Le plan d’industrialisation prévoit de produire 1,5 million de bouteilles en 2019.

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

  • Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
  • Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
  • Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois