Emballages

Covid-19 : les fabricants d’emballages tournent à plein régime

26 mars 2020 - Karine Ermenier

La crise du Covid-19 fait prendre conscience que toute la chaîne alimentaire est essentielle, emballages y compris. Les usines de production d’emballages continuent donc à tourner et sont même en surchauffe. Pour l’instant, sans rupture. Même si dans le carton et le métal la situation se tend.

« On se dit que l’emballage n’est pas stratégique pour le pays. Sauf que vous pouvez vous retrouver dans une situation dans laquelle [sans les emballages], vous n’allez pas pouvoir préparer la façon dont l’agroalimentaire, les masques et les médicaments sont distribués. Vous vous retrouvez alors dans une situation matérielle extrêmement dangereuse. » Le premier Ministre Edouard Philippe a reconnu dès la semaine dernière devant les députés que la fabrication d’emballages faisait partie de ces activités essentielles à la Nation. Pour éviter que les industries se mettent à l’arrêt, faute de salariés pour les faire tourner, Bruno Le Maire l’a même rappelé hier lundi 23 mars dans un courrier adressé à divers secteurs dont celui de l’emballage : « Vous les salariés de la filière chimie et matériaux, êtes un maillon essentiel de cette chaîne d’approvisionnement […]. »

Mobilisés pour éviter les ruptures

Cette prise de conscience a eu ses effets. Le secteur de la logistique, par exemple, a réintégré le secteur de l’emballage dans ses missions prioritaires alors que le risque de rupture d’approvisionnements pesait ces derniers jours. Le taux d’absentéisme des salariés de l’industrie de l’emballage était stabilisé autour de 10 % vendredi dernier pour ce qui concerne les emballages en plastique. Dans le carton, la situation est parfois plus tendue. D’autant que, la semaine dernière, les forces de l’ordre ont empêché certains ouvriers du cartonnier Smurfit Kappa, par exemple, de se rendre dans leur usine bien que munis de l’attestation de leur employeur. Mauvais signal envoyé aux salariés ! Ce qui a valu à Jean-Christophe Bugeon, p-dg de Smurfit Kappa, de pousser un cri d’alerte par voie de presse. «Sans emballage, on ne peut pas nourrir les Français. Nos cartons transportent le quart des marchandises qui finissent dans les rayons. Nous avons tout fait pour protéger la santé des équipes. Elles ne se croisent pas, tout est nettoyé. Nous sommes totalement mobilisés pour contribuer à éviter une rupture de la chaîne d’approvisionnement», a-t-il déclaré. Idem chez ses confrères. « Les équipes de Posson Packaging ont continué à produire, nuit et jour, 7 jours sur 7, des millions d’emballages en carton, en adaptant leurs procédures de travail aux normes de sécurité déployées pour préserver leur santé et celle de leurs familles. Alors, j’espère que lorsque nous serons retournés à une vie normale, personne n’oubliera que ce secteur méconnu et si souvent montré injustement du doigt, ce secteur-là est vital pour notre économie», a pour sa part déclaré Sylvie Casenave-Péré, présidente du groupe Posson Packaging. Pas de ruptures à déplorer, non plus, chez l’autre géant du carton DS Smith, qui a fermé certains sites dédiés aux industries qui ne sont plus en activité. Mais qui met tout en œuvre pour assurer la continuité d’activité sur ses autres sites dédiés au e-commerce et à l’alimentaire.

La demande explose pour le e-commerce

Face aux surcroîts de production de l’industrie agroalimentaire, les sites de fabrication d’emballages sont en surchauffe. « Nous enregistrons 30 % de commandes supplémentaires, ce qui est en phase avec l’industrie agroalimentaire, informe Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso, association professionnelle représentant les emballages plastiques et souples en France. La demande explose sur les emballages pour le e-commerce et le drive. » Pour l’instant, aucune rupture n’est à déplorer ni à craindre. Les fabricants d’emballages en plastique tournent à plein et ont basculé leurs capacités de production destinées aux collectivités vers les produits consommés à domicile. Ils ont massivement déstocké et produisent désormais quasiment en flux tendu. Pas de problème, non plus, du côté de l’approvisionnement en résines plastiques. « Comme beaucoup de secteurs se sont arrêtés (comme l’automobile), des capacités de production ont été libérées pour l’emballage qui pèse 40 % des débouchés de la plasturgie », indique Emmanuel Guichard.

Avec la recrudescence d’achats d’aliments en conserve, la production d’emballages métalliques est aussi en première ligne. Sur ce point, l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) a alerté le gouvernement la semaine dernière. « Avec 80 % de la production à l’arrêt le 18 mars après-midi, certaines productions stratégiques pourraient notamment être mises à mal faute de matières premières ou de salariés ». En citant l’exemple de l’acier rentrant dans la production d’emballages métalliques …

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