Emballages

Interfel interpelle le gouvernement sur les risques de l’interdiction des plastiques au rayon fruits et légumes

13 décembre 2021 - Karine Ermenier

L’association interprofessionnelle des fruits et légumes frais reprend la parole à la veille de l’entrée en vigueur, le 1er janvier prochain, du décret interdisant les emballages en plastique au rayon fruits et légumes. Elle relaie les craintes du secteur quant aux risques économiques et sanitaires que fait courir cette loi franco-française.

A compter du 1er janvier 2022, un grand nombre de fruits et légumes frais bruts de moins de 1,5 kg ne pourront plus être commercialisés dans des emballages en plastique, ni même dans des emballages en carton avec enduction plastique. Ceci pour respecter le décret relatif à « l’obligation de présentation à la vente des fruits et légumes frais non transformés sans conditionnement composé pour tout ou partie de matière plastique » de la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec).

« Cette application au 1er janvier 2022 génère à la fois un risque économique majeur pour de nombreux opérateurs de la filière et un risque pour le maintien de la consommation et de la traçabilité de nombreux fruits et légumes frais », s’émeut l’interprofession. Qui dénonce une action de « pure communication politique » de la part du gouvernement qui s’applique de « façon arbitraire en priorité à une filière dont la grande majorité des ventes (plus de 65 %) se réalise en vrac et dont la portée du texte concerne moins de 1,5 % des plastiques alimentaires. » Les acteurs du secteur ne comprennent toujours pas pourquoi ils sont les seuls à devoir se passer, par exemple, de plastiques recyclables et/ou intégrant du recyclé contrairement à ce que peuvent faire l’ensemble des autres marchés.

Pour Interfel, cette loi pose non seulement un problème de délais, car les solutions techniques n’existent pas pour tous les produits, mais également de concurrence déloyale et de manque d’harmonisation à l’échelle européenne. « Dans un contexte de pénurie majeure et de renchérissement des matériaux d’emballages, cela entraînera, pour les produits pour lesquels une alternative pourrait exister, un accroissement des coûts consécutif à la mise en œuvre d’alternatives actuellement disponibles », explique-t-elle. La filière demande également une harmonisation de ces règles au niveau communautaire avant toute application sur le territoire national.

Interfel prévient déjà qu’elle lancera, à différents niveaux, des expertises et des actions juridiques afin de clarifier et sécuriser les pratiques pour l’ensemble des professionnels. « L’Interprofession mettra également en œuvre différentes actions afin de s’assurer que cette interdiction n’entrave pas les démarches d’information et de traçabilité des produits de la filière auprès des consommateurs », conclut-elle. « Nous regrettons une nouvelle fois que la décision prise de faire une loi sectorielle l’ait été sans concertation préalable avec la filière professionnelle et que le discours sur les non-transpositions françaises soit à nouveau bafoué en instituant de fait une position « franco-française ».

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