Nutrition

La vérité sur les étiquettes

10 avril 2009 - Anne-Katell Mousset

Les auteurs Alix, Béatrice et Sophie de Reynal sont sœurs. Depuis plusieurs années, elles animent ensemble NutriMarketing, l’agence conseil en marketing nutritionnel qu’elles ont créée.
Date de parution : 14/04/2009
ISBN : 9782711764082
Editeur : Vuibert

Process Alimentaire : Dans votre livre vous donnez au consommateur les clefs pour décrypter et disséquer les emballages et les publicités. Est-il réellement désorienté ? Béatrice de Reynal : Oui ! Il est même totalement perdu ! Le concept de ce livre est bien d’aider les consommateurs à décoder les étiquettes. Aujourd’hui les emballages n’ont jamais été aussi informatifs, clairs et loyaux pourtant le choix du consommateur est brouillé par les messages nutritionnels et marketings. Il faut passer du temps à lire les étiquettes pour comprendre ce qui se cache derrière un produit. Prenez deux marques de pizzas dans un supermarché : les différences de composition peuvent être étonnantes ! L’une sera une pâte à pain classique base tomate mozzarella… et l’autre une sorte de pâte brisée avec un tas d’ingrédients dessus plus ou moins identifiables. Autre exemple : les galettes de légumes, ou les steaks qui mélangent de la viande et du soja. Pourtant, on lira pizza, légumes ou steak sur l’étiquette. Cela rajoute de la difficulté pour le consommateur qui cherche à équilibrer ses repas.

Process Alimentaire : Est-ce alors un problème d’éducation alimentaire ?Béatrice de Reynal : Le problème est que 80% des produits que l’on retrouve en magasins n’existaient pas il y a 20 ans, l’éducation alimentaire des adultes ne s’est pas faite avec les produits qu’ils achètent aujourd’hui ! Pour revenir sur l’exemple de la pizza : comment équilibrer un repas avec une pizza ? Doit-on rajouter une salade ? Rajouter du fromage en fin de repas ? C’est au consommateur de se débrouiller ! Plutôt qu’interdire la publicité ou de taxer les produits sucrés, je pense qu’il serait plus efficace d’éduquer les enfants dans les écoles. Former les professeurs à la nutrition, afin qu’ils connaissent les bases et les transmettent à leurs élèves serait à mon sens plus adapté que des campagnes de communication onéreuses. Il faut comprendre ce qu’on achète, savoir lire les étiquettes avant de faire des régimes !

Process Alimentaire : La prévalence du surpoids et de l’obésité en France est moindre que dans d’autres pays occidentaux. Le PNNS porterait-il ses fruits ? Béatrice de Reynal : Oui, la France a une bonne situation par rapport à d’autres pays. Culturellement on fait plus attention au goût des aliments que nos voisins européens. On consomme moins de confiseries, de jus d’orange, on grignote moins que les Anglais. La nourriture française est plus diversifiée que la nourriture des Allemands qui est assez monocorde. Mais il faut continuer à encourager les jeunes à manger varié. Notre mode de consommation a tendance à s’américaniser : de plus en plus de « junk food » ou encore l’individualisation des repas. La nouvelle réglementation sur les allégations nutritionnelles et de santé est un coup de vis supplémentaire pour le marketing. Les plans de communication du Ministère de la santé semblent porter leurs fruits, mais cela va prendre du temps.

Process Alimentaire : Beaucoup d’associations de consommateurs réagissent sur la formulation des produits industriels : trop gras, trop sucré, trop salé. Ce n’est donc pas possible de manger équilibré en consommant ce type de produits ?Béatrice de Reynal : Les industriels ne sont pas des empoisonneurs. Ils sont là pour gagner de l’argent et donc vendre des produits qui plaisent au consommateur ! Si demain certaines recettes de produits gras changent, il y a un risque que les consommateurs arrêtent d’en consommer. Certains proposent des menus type sur les étiquettes de leurs produits afin d’aider le consommateur, mais certains de ces menus proposés ne sont pas équilibrés ! D’autres cherchent à noyer le poisson en proposant d’ajouter à leur pâte à tartiner, un verre de lait, des fruits pour en faire un petit-déjeuner équilibré, mais ce n’est pas leur produit en lui-même qui apporte les bienfaits ! On peut trouver dans le commerce des plats préparés équilibrés. Il y a l’exemple d’un plat à base de légumes et de crevettes, mais il en existe d’autres qui apportent de la diversité dans l’alimentation tout en restant équilibrés.

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