Emballage

Nestlé crée un outil d'aide à l'optimisation des packagings

11 janvier 2016 - Karine Ermenier

Objectif de l'expérience : prédire avec précision dans le temps la sensibilité d'un produit à différents facteurs de dégradation (humidité, oxygène, lumière, etc.) et leur influence sur sa durée de conservation. Et ce, de façon à créer un outil de prédiction de la durée de vie des produits qui aide les ingénieurs packagings de tout le groupe à prendre des décisions éclairées sur l’emballage qu’ils choisissent.

Dans son centre de recherche de Lausanne en Suisse, Nestlé mène une expérience de grande ampleur en vue d'optimiser le développement de ses packagings. Le groupe a enveloppé et scellé individuellement dans des films transparents 700 barres chocolatées, les a entreposées côte à côte dans une pièce, les a reliées à des capteurs de haute précision et exposées à la lumière 24 heures par jour. Objectif : prédire avec précision dans le temps la sensibilité d'un produit à différents facteurs de dégradation (humidité, oxygène, lumière, etc.) et leur influence sur sa durée de conservation. Et ce, de façon à créer un outil de prédiction de la durée de vie des produits qui aide les ingénieurs packagings de tout le groupe à prendre des décisions éclairées sur l’emballage qu’ils choisissent. « Nous voulons aider nos équipes à suivre une approche d’optimisation de packaging reposant sur des données plus factuelles pour améliorer la performance tout en remplissant les conditions de conservation requises », détaille Robert Witik, le scientifique qui dirige l'étude.

Exposition des produits à différentes conditions

Pour ce faire, les barres de chocolat ont été emballées dans des matériaux d’emballage ayant des propriétés diverses (hautes barrières à l’oxygène ou non). « Nous avons regroupé les barres en différents groupes et les avons exposées à diverses conditions, explique Nestlé sur son site. Nous avons aussi ajusté le taux d’oxygène dans chaque emballage. » Seule la lumière ne varie pas dans cette expérience : il s’agit d’une situation accélérée, extrême, car aucun produit ne pourrait normalement être autant exposé à la lumière en conditions réelles. Pour découvrir exactement à quelle quantité de lumière le chocolat est réellement exposé, l’équipe conduit justement en parallèle une étude qui simule son parcours dans toute la supply chain : depuis le stockage, dans le magasin, dans les placards de cuisine

« Dans les prochains mois, nos scientifiques vont mesurer la quantité d’oxygène que le chocolat absorbe. L’un de nos objectifs est d’identifier le point critique à partir duquel la consommation d’oxygène du produit commence à avoir un impact sur le goût et la qualité du chocolat », explique Robert Witik. Tous les 30 jours, des échantillons de chaque groupe seront prélevés et soumis à la dégustation d’un panel d’experts sensoriels pour vérifier s’il y a une perte de goût ou de qualité.

Les recherches du groupe suisse ne se limitent pas au chocolat. Robert Witik et son équipe sont déjà en train d’étudier d’autres produits pour établir une méthodologie qui pourrait être appliquée à l’ensemble du portefeuille du groupe.

Créer un outil de prédiction des durées de vie

Les résultats de ces expériences serviront alors à définir le packaging optimal pour la conservation de ce type de produits dans l'objectif d'éviter la sous-qualité comme la sur-qualité. « Plus un packaging offre de barrières, plus sa structure est compliquée et son impact environnemental élevé », note Nestlé. Rien ne sert, donc, d'empiler les barrières si cela n'est pas nécessaire. D'ailleurs, l'une des ambitions de la multinationale est également d'adapter le pack à la durée de vie effective du produit. « Admettons qu’un produit dispose d’une durée de vie de 24 mois alors que les consommateurs le consomment en 9 mois, illustre Robert Witik. On peut considérer qu’il est suremballé au regard du degré de protection dont il requiert. Réduire sa durée de vie et ajuster les emballages en fonction peut être une façon simple mais hautement efficace d’améliorer son empreinte carbone. » Nestlé l'a expérimenté aux Philippines sur un projet qui a conduit à économiser 1 500 tonnes d'emballages par an sur des boissons en poudre. Cela rentre dans l’engagement de Nestlé d’éviter d’utiliser 100 000 tonnes d’emballages par an d’ici 2017, tout en garantissant la qualité et la sécurité de ses produits.

Les recherches du groupe suisse ne se limitent pas au chocolat. Robert Witik et son équipe sont déjà en train d’étudier d’autres produits pour établir une méthodologie qui pourrait être appliquée à l’ensemble du portefeuille du groupe.

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