Emballage

Pacte national sur les emballages plastiques : 13 signataires pour 6 engagements

25 février 2019 - Karine Ermenier

Le 21 février dernier, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du Ministre d’État de la Transition écologique et solidaire, a signé le Pacte National sur les Emballages Plastiques aux côtés des premiers signataires, représentants de Auchan Retail France, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Coca-Cola European Partners, Danone, Franprix, L’Oréal, LSDH, Monoprix, Nestlé France, Système U, Unilever, la Fondation Tara Expéditions et le WWF France.

Dans la lignée de la Feuille de Route sur l’Economie Circulaire, de la Stratégie européenne sur les matières plastiques et dans la perspective de la loi sur l'économie circulaire, Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire, a signé le Pacte National sur les emballages plastiques avec 13 entreprises et deux ONG le 21 février dernier. Les signataires sont : Auchan Retail France, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Coca-Cola European Partners, Danone, Franprix, L’Oréal, LSDH, Monoprix, Nestlé France, Système U, Unilever, la Fondation Tara Expéditions et le WWF France.

« L’objectif du Pacte National sur les emballages plastiques est de s’accorder collectivement sur l’utilisation du plastique, source de pollution majeure, afin de passer d’un modèle linéaire « fabriquer, consommer, jeter » à une économie circulaire du plastique en France », a indiqué la Secrétaire d’Etat. Le Pacte rappelle en préambule que le plastique est un matériau aux qualités indéniables, vecteur du progrès technique, mais que son utilisation croissante depuis les années 60 a contribué aux changements climatiques et a impacté la biodiversité. « Il apparaît désormais essentiel de repenser collectivement l’utilisation du plastique, vers un usage plus sobre et une meilleure gestion de cette matière », précise le texte, travaillé depuis plusieurs mois en amont par les signataires. Ces derniers s’engagent, conformément à la « New Plastics Economy » de la Fondation Ellen MacArthur, à :

- encourager l’élimination des emballages problématiques ou inutiles. Cela commence par l’interdiction du PVC dans les emballages ménagers, commerciaux et industriels d’ici 2022 et à l’interdiction du polystyrène expansé (PSE) dans les contenants alimentaires et les gobelets. Pour ce faire, les signataires partagent la liste et les volumes de leurs emballages problématiques ainsi que leurs objectifs chiffrés. Carrefour, par exemple, a remplacé 111 tonnes de barquettes en polystyrène (pour le fromage par exemple) par des barquettes en carton flowpackées. Casino, pour sa part, supprimera toutes les barquettes en polystyrène de son rayon marée d’ici 2019,

- tester des modèles commerciaux d’emballages réutilisables et rendre compte de ces expérimentations auprès des autres signataires.

Carrefour autorise désormais les consommateurs à venir avec leurs emballages réutilisables aux rayons traiteur ou fromage à la coupe.

Auchan, par exemple, propose désormais un sac en polyester lavable, très léger, pour la pesée des fruits et légumes. Carrefour teste aussi un sac réutilisable en tissu au rayon fruits et légumes (mais dont la tare est un peu lourde pour l’instant) et autorise désormais les consommateurs à venir avec leurs emballages réutilisables aux rayons traiteur ou fromage à la coupe,

- éco-concevoir les emballages pour atteindre 100 % de recyclabilité (ou de réusage) d’ici 2025. C’est dans cet objectif que les Biscuits Bouvard, par exemple, ont supprimé le noir de carbone de leurs barquettes de biscuits en PET de façon à faciliter leur recyclage. Tout comme LSDH qui met en place avec Paprec une filière de recyclage du PET opaque,

Biscuits Bouvard améliore la détection de ses barquettes en centres de tri en se passant de coloration au noir de carbone.

- atteindre collectivement 60 % d’emballages effectivement recyclés d’ici 2022. Coca-Cola, qui peut déjà se targuer d’avoir 100 % d’emballages recyclables, s’engage à travailler massivement sur l’amélioration de la collecte pour que la recyclabilité soit effective. Auchan, de son côté, met l’accent sur les Ecobox installées par Cristaline sur ses parkings,

- incorporer en moyenne 30 % de matières plastiques recyclées dans les emballages en partageant publiquement la progression d’ici 2025. Le mois prochain, les bouteilles de Coca-Cola, Fanta ou Sprite de 50 cl contiendront d’ores et déjà 50 % de matière recyclée, avec un objectif de 100 % qui pourra être atteint grâce à de nouveaux procédés de recyclage,

Toutes les bouteilles de Coca-Cola European Partners France, quelle que soit la marque, contiennent déjà 27 % de rPET. Et les petites bouteilles 50 cl intégreront 50 % de rPET dès cette année. Les films plastique entourant les bouteilles contiendront 50 % de plastique recyclé dès 2019.

- tester et si possible industrialiser trois solutions innovantes par an. Le nouveau sachet en papier de poudre chocolatée Nesquik mise sur le marché le mois prochain en est un exemple.

La nouvelle référence Nesquik All Natural est conditionnée dans un sachet stand-up en papier (97%) recyclable dans la filière papiers/cartons. Nestlé réfléchit déjà à une version plus grande pour conditionner d’autres références et, pourquoi pas, à terme, remplacer toutes ses boîtes en plastique (actuellement recyclables) par des emballages en papier.

Des engagements évalués et contrôlés par les ONG

Les Pouvoirs publics, la fondation Tara Expéditions et le WWF France s’assureront que les entreprises signataires respectent bien leurs engagements. Les évaluations débuteront en 2021 et seront rendues publiques tous les six mois. « On se réjouit de cette initiative de Pacte National à plus d’un titre, a déclaré Pascal Canfin, directeur du WWF, lors de la signature du Pacte. D’abord parce qu’il va au-delà des obligations légales et qu’il affiche de vraies ambitions supplémentaires. Il a vocation à attirer d’autres entreprises pour transformer complètement les filières. Ensuite, son contenu relève que trier c’est bien mais ne pas avoir besoin de trier des emballages qui n’existent pas c’est encore mieux. Et la méthode de suivi des indicateurs et de la gouvernance partagée est une première. C’est un événement fondateur. »

D’autres signataires sont invités à se faire connaître et à s’engager. Il apparaît de toute façon très clairement que l’heure n’est plus à se demander s’il faut y aller, mais plutôt comment y aller. En témoigne l’étude menée par Pro Carton qui révèle que 61 % des 19-29 ans interrogés ont changé de marque l’année dernière pour des raisons d’emballage, de recyclabilité ou de suremballage principalement.

« Ceux qui ne sont pas montés dans le bateau sont déjà en retard »

Brune Poirson a conclu cette signature qualifiée d’historique, en rappelant qu’elle privilégiera toujours ce type d’initiatives volontaires aux lois. « Je ne crois pas aux lois, a-t-elle même déclaré. Engagez-vous d’abord et nous évaluerons ensuite. Si on constate qu’il s’agit de greenwashing, alors on régulera avec des systèmes de sanctions. Mais les lois laissent trop souvent penser que quand on en atteint l’objectif, le job est fait ! Je demande donc aux ONG d’être exigeantes sur l’évaluation. Et aux signataires d’être cohérents dans leurs démarches. Vous montrez à ceux qui ne sont pas montés dans le bateau qu’ils sont déjà en retard ! ».

En marge de la conférence, Brune Poirson a livré quelques éléments quant à la suite donnée à la Feuille de Route sur l’Economie Circulaire, en rappelant qu’elle attendait la fin du Grand débat pour réintégrer des propositions dans son texte. Notamment des actions pour la lutte contre le gaspillage et pour l’amélioration du tri. « Pour l’instant, je collecte les propositions pour finaliser un texte d’ici à l’été prochain. Je travaille également à la refonte de la gouvernance des éco-organismes car ces systèmes sont trop opaques. Mais il y a déjà des éléments à ce sujet dans la directive européenne. On veut surtout éviter la surtransposition des textes européens dans les lois françaises. » Rendez-vous l’été prochain pour la loi. En attendant, toutes les entreprises peuvent d’ores et déjà s’engager, en signant le Pacte National ou autrement …

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