Emballage

Propriétés barrières : les avancées des emballages en cellulose

11 janvier 2019 - Karine Ermenier

  • Quoi de neuf dans la cellulose

    • Développé par le laboratoire Lab3P co-créé par Malengé et le CTP, ce film Cycle Pack permet d’alléger de 56 % le bilan carbone de l’emballage des Bioflan de Nature&Aliments, partenaire du projet. Il apporte la juste barrière a l’humidité. Malengé a engagé des travaux sur le développement de versions plus barrières aux graisses. Pour cela, le procédé de chromatogénie sera peut-être la solution.

    • Les sacs indéchirables en fibre de bois Paptic

      Biosourcé, biodégradable, réutilisable et certifié FSC, le matériau Paptic vise pour l’instant les marchés du sac et de l’e-commerce. Sa particularité : il est issu de fibres cellulosiques de bois transformées par la technologie de Foam-Forming permettant de réorganiser les fibres de façon plus aléatoire. Ce qui lui confère plus de résistance à l’élongation et à la déchirure que le papier classique. Son toucher se rapproche de celui du textile. Autre avantage : il ne fait pas de bruit. Il est agréé au contact alimentaire pour les produits secs et non gras. La société finlandaise Paptic est également en relation avec le CTP en France, via son directeur développement France, pour travailler sur les propriétés barrières de son matériau qui, par ailleurs, peut se coller, se découper, se coudre, s’embosser. Il est également thermoscellable dans des situations particulières et imprimable selon toutes les techniques.

    • La barquette barrière en cellulose emboutie de Sorepack

      Les barquettes en cellulose emboutie de Sorepack sont fabriquées à partir de 95 % de fibres longues de cellulose vierge certifiée FSC. « Des tests effectués en laboratoire indépendant et sur ligne par la DGCCRF certifient l’absence de migration », témoigne Robert Maget. Les 5 % restant de la barquette sont constitués d’un revêtement en PET. « Nous travaillons actuellement sur l’utilisation d’un film d’operculage en cellulose transparent ainsi que sur des barquettes sans film plastique qui resteraient barrières et toujours dépilablesen automatique», ajoute le dirigeant. En grande distribution, Tipiak utilise d’ailleurs ce type de barquette depuis longtemps pour sa brandade de morue, tout comme Marie pour certains plats surgelés ou encore Picard pour sa gamme de plats cuisinés Formule Express. "Nous commençons aussi à livrer l'enseigne spécialisée Iceland Foods en Grande-Bretagne qui s'engage à supprimer complètement les barquettes en plastique de ses rayons d'ici 2023."

    • La barquette bientôt barrière à l’oxygène de PackBenefit

      L’Espagnol PackBenefit, distribué en France par Gepack Europe et par le groupe Guillin, développe sa capacité de production de barquettes en cellulose moulée et travaille sur de nouvelles applications. « Dans quelques mois, nous disposerons d’une barquette qui, en plus d’être barrière à l’eau et aux graisses comme l’actuelle, sera barrière à l’oxygène mais avec un liner non compostable qu’il faudra séparer. La conservation pourra atteindre 12 à 21 jours selon les applications», explique Eric Leborgne, p-dg de Gepack Europe créée en 2009.

    • L’ensemble barquette et film flowpack CDL-Omnipac/Leygatech

      Pour limiter la quantité de plastique dans les emballages de fruits et légumes, Leygtech a développé, en partenariat exclusif avec CDL-Omnipac (spécialiste des emballages en cellulose moulée) un film respirant multicouches biodégradable et compostable. Il vise en priorité le conditionnement flowpack des fruits et légumes conditionnés dans des barquettes en cellulose. Mais intéresse également le marché de la boucherie, en quête d’alternative aux barquettes en polystyrène. Le film est également thermoscellable.

Crédit photo : Gepack/PackBenefit

Les atouts de la fibre cellulosique en matière de circularité et/ou de compostabilité la propulsent au devant de la scène à l’heure où les plastiques sont de plus en plus décriés. En grande-distribution (au rayon fruits et légumes par exemple), mais aussi et surtout en restauration hors-domicile, la cellulose fait un carton. En 2025, les restaurants scolaires n’auront pas d'autre choix que de remplacer leurs barquettes en plastique de réchauffe ou de service par des alternatives biosourcées et compostables. La cellulose remplit ces critères.

Pour plus d’informations, retrouvez un comparatif de l’offre de barquettes en cellulose dans notre numéro de janvier 2019.

« La fibre peut représenter une solution de substitution à certaines conditions. Car la cellulose est renouvelable, recyclable, biodégradable, compostable et incinérable », a rappelé Jean-François Robert, le directeur technique fibreux de Citéo en novembre dernier à Paris à l’occasion d’une matinée Citéo Prospective sur la fibre cellulosique.

Toutefois, l’économie circulaire de ces matériaux pose aussi des questions quant à la présence d’huiles minérales. « La question se posera pour les troisième, quatrième, cinquième vie des emballages. Il faut donc adopter un plan d’actions pour limiter les intrants d’huiles minérales dans les boucles de recyclage des matières cellulosiques », prévient-il.

L’industrialisation de la cellulose moulée et l’amélioration de ses propriétés sont également un prérequis pour que celle-ci devienne compétitive face aux plastiques. Car, à ce jour, elle ne présente d’intérêt que sur les produits ultra-frais à courte DLC (4-5 jours).

C’est d’ailleurs pourquoi le Centre Technique du Papier (CTP) travaille sur plusieurs pistes à la fois pour :

  • alléger les emballages en cellulose, car à fonctionnalité équivalente le substitut en cellulose est souvent plus lourd, avec un risque de montant d’éco-contribution plus élevé,
  • leur conférer des propriétés barrières. Sur ce point, le CTP a identifié trois techniques d’optimisation :

- l’enduction : elle consiste à déposer une solution aqueuse de polymère et à la sécher. L’enduction coûte entre 50 € et 600 € la tonne (hors papier) pour faire barrage à l’eau, aux graisses et à l’oxygène.

- la lamination humide de microfibrilles de cellulose : il s’agit d’un assemblage sans colle de fibres longues avec une couche barrière de microfibrilles. Cette technique coûte 200 à 800 € la tonne hors papier. Sa consommation énergétique est élevée. Un équipement pilote sera disponible au CTP en 2019.

- la chromatogénie : modification de la cellulose pour la rendre hydrophobe, grâce à un greffage d’acides gras sur le papier. Le CTP dispose d’une machine pilote. Coût estimé : 50 € à 150 € la tonne, hors papier.

A ce stade, de nombreuses solutions font déjà leurs preuves sur diverses applications. Découvrez cinq exemples en cliquant ici.

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