Emballage

Remous autour de la suppression des sacs plastiques à usage unique

30 juin 2014 - Karine Ermenier

La fédération du Commerce et de la Distribution ainsi que l'Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs appellent le Parlement à supprimer cette mesure lors du prochain vote en séance publique de la loi biodiversité.

Un amendement au projet de loi sur la biodiversité voté par les députés en commission du développement durable mercredi dernier a surpris son monde. Il prévoit d’interdire, à compter du 1er janvier 2016, tous les sacs à usage unique distribués dans les commerces. D’après le gouvernement, le nombre de sacs plastiques distribués en caisses de magasins de grande distribution ont déjà diminué de 10,5 milliards à 700 millions en presque dix ans, sous l’effet d’une convention volontaire. Reste encore les 12 milliards de sacs de fruits et légumes.

A compter de 2016, seuls les sacs biosourcés et/ou compostables à usage unique ou bien les sacs réutilisables seront donc tolérés. La date d’examen de ce projet de loi n’a pas encore été fixée. Mais les professionnels concernés n’ont pas attendu pour réagir. « Les détaillants de fruits et légumes, qu’ils soient sur les marchés ou dans les magasins, et les enseignes de la distribution s’insurgent contre ce vote, ont déclaré d’une voix la FCD et l’UNFD le 26 juin dernier. Ces 12 milliards de sacs fruits et légumes distribués chaque année sont indispensables pour des raisons d’hygiène et de sécurité. »

Une hausse des prix des fruits et légumes déjà envisagée

Les deux organisations chiffrent, par ailleurs, le surcoût lié au passage sur des sacs biosourcés à 300 millions d’euros. « Cela entraînera une hausse des prix », préviennent déjà les commerçants. Lesquels appellent le gouvernement à supprimer cet amendement lors du prochain vote en séance publique. Arguant, également, que les sacs biodégradables ne sont pas la panacée et menacent des surfaces agricoles utiles à l’alimentation humaine.

Autres mécontents dans cette affaire : les fabricants de plastiques. La Fédération de la Plasturgie et des Composites estime, de son côté, que cette décision menace 3 000 emplois en France.

D’abord organiser les conditions du compostage

Elle demande une concertation avec le gouvernement pour réduire l’impact des sacs plastiques à usage unique dans des conditions garanties de mise en œuvre. A savoir : définir et organiser les conditions du compostage domestique encore au stade de tâtonnement, développer un approvisionnement en matières plastiques biosourcées à un coût de production moins élevé et avec un impact écologique le plus faible possible sur la filière agricole en amont. Jean Martin, délégué de la Fédération de la Plasturgie, a ajouté qu’une telle décision devait être prise au niveau européen : « la pollution des plastiques n’est pas un problème uniquement français. Une directive européenne est actuellement en cours de discussion au niveau de la Commission et une action concertée au niveau européen entre les différents pays aurait un impact plus important. » Affaire à suivre …

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