Emballages

Sacs en toile de jute de E.Leclerc : et si c’était bon pour les emplettes mais pas pour la planète ?

22 septembre 2020 - Karine Ermenier

Suite à l’annonce de l’enseigne E.Leclerc de supprimer tous ses sacs de caisse en plastique réutilisables par des sacs de jute recyclables, l’association Elipso réagit. Remettant en cause le bienfait environnemental d’une telle démarche. Et pointant du doigt les conséquences sociales pour le secteur de la plasturgie en France.

« Et l’hygiène dans une semaine ? ». C’est en pastichant les nouveaux sacs en toile de jute des magasins E.Leclerc avec ce claim – qui remplace celui de l’enseigne « C’est bon pour nos emplettes et pour la planète » - que l’association Elipso questionne l'enseigne. Celle-ci vient d’annoncer le remplacement de tous ses sacs de caisse en plastique réutilisables et recyclables par des sacs en toile de juste recyclables.

« Passer de sacs plastiques produits en France à une production délocalisée en Inde ou au Bangladesh est une mauvaise nouvelle pour l’emploi en France. Les sacs plastiques sont fabriqués dans des usines françaises, contribuent à l’emploi dans nos territoires, sont réutilisables et bénéficient de véritables filières de recyclage. Elipso n'a pas connaissance à ce jour de filières de recyclage en France de sacs de jute accessibles à tous », indique Christophe Morvan, responsable communication de l’association représentant les fabricants d’emballages en plastique souples et rigides en France.

Outre la recyclabilité, l’association s’interroge de l’intérêt de cette substitution pour trois autres raisons :

  • L’hygiène : « Les sacs plastiques de 50 microns sont réutilisables et lessivables. Les sacs en jute ne sont pas étanches, et difficilement lavables à la différence des sacs plastiques qui sont plus hygiéniques », argumente Christophe Morvan.
  • L’impact environnemental global : « la fabrication des sacs de jute suscite de nombreuses questions quand on sait que 90 % de la production mondiale de jute est localisée en Inde ou encore au Bangladesh avec 3,5 millions de tonnes de fibre de jute par an. Elipso n’a pas connaissance à ce jour d’analyse de cycle de vie sur ce type de sacs (bilan carbone, gestion de la fin de vie ?). »
  • La résistance dans le temps : « sans traitement, la toile de jute pellicule très rapidement et est donc peu résistante. Comment sont traités les sacs en toile de jute proposés par Leclerc pour les rendre résistants ? N’oublions pas que dans le passé les sacs de jute utilisés pour le transport de cacao, etc. étaient traités avec des huiles minérales. »

Il est clair que face à toutes les accusations portées contre le plastique, le marché et les consommateurs sont en droit d’attendre des réponses à ces questions. Tout simplement pour lever le doute sur le fait que cette substitution du plastique par un autre matériau ne soit finalement que du green washing clientéliste sans véritable justification environnementale. E.Leclerc, à vous la parole !

 

 

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