Emballage

Une étiquette rouge sur les emballages qui contiendraient trop de plastiques ?

5 juin 2019 - Karine Ermenier

France Inter réalise aujourd’hui sa seconde journée de l’année sur le thème « le plastique, non merci ! ». A cette occasion, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire a rappelé ce matin lors du Grand Entretien quelques engagements pris par le gouvernement pour limiter la quantité de plastiques vierges mis sur le marché. Tels que le Pacte national sur les emballages plastiques ou encore la Loi sur l’Economie Circulaire (Lec) dont le projet devait être présenté par le gouvernement le 3 juin dernier au Conseil National de la Transition Ecologique mais qui a été reporté de quelques jours. La secrétaire d’Etat est d’ailleurs revenue sur une des mesures de ce projet de loi qui consiste à appliquer un bonus/malus sur l’éco-contribution des emballages selon qu’ils contiennent ou non de la matière recyclée ou qu’ils soient eux-mêmes recyclables.

« Nous souhaitons, qu’au final, les produits conditionnés dans des emballages recyclés et/ou recyclables soient vendus moins cher. Par exemple, prenez une bouteille de shampoing en plastique vendue 3 €. Qu’elle soit recyclable ou pas, elle est au même prix. Ce que nous voulons, c’est envoyer un signal prix fort et faire en sorte à travers un bonus que la bouteille de shampoing en plastique recyclé, par exemple, ne soit plus à 3 € mais à 2,40 €. »

« Attention, trop de plastique dans ce produit ! »

Ce raisonnement irait même jusqu’à signaler les emballages moins vertueux s’il on en croit la secrétaire d’État. « Un produit qui est commercialisé en utilisant trop de plastique, par exemple, sera plus cher et fera l’objectif d’un malus avec une étiquette rouge qui indiquera « attention trop de plastique ». Les consommateurs iront donc vers des produits moins chers et plus vertueux. »

Répondant à une question de Léa Salamé, Brune Poirson a indiqué ne pas vouloir opter pour une baisse de la TVA sur les produits contenant des matériaux plastiques plus vertueux car les baisses de TVA ne sont pas ciblées et qu’elles « ne sont pas systématiquement répercutées auprès des consommateurs ». En cela, le système de bonus pourra, effectivement, permettre de fixer des critères beaucoup plus précis. Néanmoins, côté prix, qui peut prédire qu’il y aura un véritable impact sur les étiquettes en rayons ? Surtout un impact aussi visible (2,40 € versus 3 € selon le modèle choisi) ? La décision reviendra d’abord aux marques et metteurs en marché, eux-mêmes, de répercuter, ou non, cette baisse de charge sur le prix final de leurs produits. En fonction de l’intérêt concurrentiel qu’une telle promesse de recyclabilité, associée à un prix moins élevé, peut commercialement leur apporter. Il est certain, à l’inverse, qu’ils éviteront tous de se retrouver avec cette potentielle étiquette rouge indiquant « ce produit contient trop de plastique » ! Si tant est que cette étiquette existe un jour …

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