Croissance durable : les engagements de Bel

31 octobre 2016 - Pierre Christen

Avec 12 000 salariés, dont 3 500 en France, le groupe Bel affiche un chiffre d’affaires de 2,9 Mds€, qui a doublé en dix ans. « L’objectif est de le doubler à nouveau dans les dix prochaines années, annonce Antoine Fiévet, le p-dg depuis 2009 et arrière petit-fils du fondateur Léon Bel. Une ambition qu’il compte fonder sur un principe : la croissance responsable. « Les consommateurs ont besoin d’être rassurés davantage sur la qualité des produits qu’ils consomment. Nous nous devons d’être exemplaires », explique-t-il.

En matière d’empreinte environnementale, le groupe familial affiche des engagements forts pour sa trentaine de sites (dont sept usines en France) : -70 % d’émissions carbone par tonne produite, - 40 % de consommation d’énergie et – 80 % pour l’eau en 2025 (par rapport à 2008). Sur ce dernier indicateur, la baisse est déjà de 27 % depuis 2008.

En parallèle, le groupe Bel ne ménage pas ses efforts sur l’impact environnemental de la production laitière. « Suite à notre partenariat signé en 2012, nous avons aidé Bel à identifier les enjeux prioritaires pour la réduction de l’empreinte environnementale de ses produits », relate Pascal Canfin, directeur général de WWF France. Résultat : l’alimentation des vaches laitières est un facteur déterminant pour une filière plus durable, du fait de l’impact environnemental du soja et du tourteau de palmiste. En effet, le soja compte pour 60 % de l’empreinte déforestation de l’Union européenne. Et entre 1989 et 2013, 54 % des surfaces de palmier à huile (Palm Kernel Expeller, PKE) étaient issus de la déforestation en Indonésie.

Une stratégie de compensation

Pour produire le lait qu'il utilise en Europe, le groupe a besoin de 58 000 t de soja par an (dont 52 % provenant du Brésil et 22 % d'Argentine) et 37 000 t de PKE par an (dont 54 % issus de Malaisie et 38 % d'Indonésie). "Nous avons opté pour une stratégie de compensation en achetant des certificats RTRS et RSPO visant à couvrir 100 % de ses volumes de soja et PKE", affirme Magali Sartre, directrice de la RSE et des affaires corporate au sein du groupe Bel.

Depuis 2014, Bel soutient des producteurs du Mato Grosso au Brésil pour qu’ils accèdent à la certification RTRS. A ce jour, plus de 21 000 hectares ont été certifiés, ce qui couvre les besoins du groupe. 60 000 hectares vont s’ajouter en 2016. Concernant le tourteau de palmiste, en partenariat avec WWF, Bel a rejoint un programme situé à Bornéo en Malaisie qui accompagne de petits producteurs locaux vers la certification RSPO. 200 producteurs seront certifiés d'ici la fin de l'année, 500 fin 2017.

Magali Sartre, 41 ans, est la Directrice du développement durable et des relations extérieures du Groupe Bel.

Le partenariat avec WWF a été renouvelé pour trois ans fin septembre. « Il s’oriente désormais autour de la substitution du soja d’importation dans l’alimentation des vaches laitières par de l’approvisionnement local lorsque c’est possible. Il s’agit aussi d’accompagner les éleveurs dans leurs pratiques en matière d’empreinte environnementale et d’élargir la période de mise au pâturage des vaches laitières dans les régions de tradition pastorale », explique Magali Sartre. Cela demande de construire une approche locale sur les bassins laitiers du groupe. Trois pays pilotes ont été désignés, la Slovaquie, les Pays-Bas et la France, qui représentent les trois-quarts du lait collecté par Bel.

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