L'Autorité de la concurrence pointe les risques liés au méga-centrales

Le 1er avril dernier, l'Autorité de la concurrence a rendu son avis sur l'impact des accords de coopération conclus entre les centrales d'achat de la grande distribution. Lesquels ont donné naissance entre septembre et décembre 2014 à trois méga-centrales : Système U/ Auchan, Intermarché/ Casino, Carrefour et Cora. Avec E.Leclerc, ils ne sont plus que quatre à représenter 90 % du marché.

Pour se forger un avis, l'Autorité a interrogé plusieurs acteurs économiques (distributeurs et fournisseurs) et procédé à une vingtaine d'auditions (dont trois associations professionnelles et le Médiateur des relations commerciales agricoles).

Il en ressort que les risques pour les industriels ne sont pas vains :

1) Risques de limitation de l'offre, de réduction de la qualité ou de l'incitation de certains fournisseurs à innover ou investir

"Un nombre important de fournisseurs interrogés ont indiqué que le renforcement du pouvoir d'achat des distributeurs conduisait à une pression sur leur marges telle qu'ils jugeaient probable d'avoir à réduire ou limiter leur investissement, le lancement d'innovations sur le marché, ou encore à rationaliser leur offre."

2) Les risques d'éviction des fournisseurs

"Les accords de coopération à l'achat sont susceptibles d'entraîner une diminution des prix d'achat pour les distributeurs vis-à-vis non seulement des fournisseurs concernés par ces accords mais aussi de leurs concurrents. En effet, les baisses de prix consenties par les fournisseurs concernés par les accords peuvent conduire à une baisse du chiffre d'affaires des seconds, par un effet volume (les fournisseurs concurrents moins compétitifs verront leurs ventes diminuer) et/ou par un effet prix (les fournisseurs concurrents se verront contraints de s'aligner sur les remises concédées par les fournisseurs concernés par les accords).
Suivant leur ampleur et la capacité du fournisseur à supporter une baisse de ses marges, il ne peut donc être exclu que les accords de coopération en cause puissent aggraver les difficultés de certains fournisseurs.

Pratiques qui appellent à la vigilance, et après ?

L'instruction a aussi permis de faire remonter l'existence de pratiques qui appellent à la vigilance comme :

  • Les pratiques de déréférencement ou de menaces de déréférencement

  • Les pratiques relatives aux exigences d'avantages sans contreparties

Et après ? L'Autorité de la concurrence propose bien quelques pistes de réflexion en fin d'avis (voir l'avis complet ici). Mais n'engage pour l'instant aucune action concrète. Car aucun de ces accords ne rentre dans le champ du contrôle des concentrations. Il semble donc peu probable qu'ils puissent être remis en cause ...

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