Les objectifs chiffrés d’A2P 2020, le plan de performance d’Agromousquetaires

31 octobre 2016 - Pierre Christen

Le pôle agroalimentaire du groupement des Mousquetaires a lancé Agro Performance Plus 2020 (A2P 2020), qui a pour but de susciter des gains de 100 millions d’ici 2020 en diminuant les coûts de production, en développant l’innovation et en valorisant la qualité. Le programme porte sur les 64 usines du premier fabricant de marques propres en France, organisé en 12 filières, pour 12 000 collaborateurs et un chiffre d‘affaires de 4 milliards d’euros (+4 %).

« Ce projet s’inscrit dans la continuité », souligne Christophe Bonno, directeur général d’Agromousquetaires (Lire son interview dans le numéro d’octobre 2016). En 2005, « Ensemble pour l’excellence » avait commencé à décloisonner les usines. En 2010, « Cap Performance 2015 » fixait un objectif commun : augmenter le chiffre d’affaires de 3 à 4 Mds€ et passer celui hors du groupement de 550 M€ à 980 M€, soit 25 % du total. « Nous sommes alors passés d’un réseau de PME à une logique de filière, précise le dirigeant. Désormais, il s’agit d’adopter une organisation par pilotage stratégique, qui s’appuie sur des équipes au plus proche des métiers et auxquelles sont associés des centres d’expertises et de compétences transversaux. Nous allons travailler une culture commune et mettre en place l’ERP Sage pour les 64 usines ».

Une remise en cause nécessaire

Suite à la guerre des prix, dans un contexte où les difficultés de pouvoir d’achat perdurent, les consommateurs ont pris l’habitude d’arbitrer leur budget alimentaire en fréquentant les enseignes les moins chères en prix, dotées des promotions les plus attractives. C’est sur les marques nationales, qui sont des repères pour le grand public, que se joue cette guerre des prix. L’écart de prix entre ces dernières et les marques de distributeurs (MDD), font que ce marché MDD est en souffrance depuis trois ans. « Dans ce contexte, une remise en cause est nécessaire », affirme Christophe Bonno.

Les 5 sources de gains, pour un total de 100 M€

1 Performance commerciale : 28 M€

L’objectif est clairement de regagner le terrain perdu depuis trois ans en termes de parts de marché. « Nous voulons créer une préférence à l’enseigne Intermarché », précise Christophe Bonno. L’autre objectif est de développer l’activité hors groupe, avec pour priorités : l’Europe, la RHF et l’export. L’enseigne s’est implantée avec des partenaires distributeurs en Nouvelle Calédonie, en Polynésie, aux Antilles.

2 Achats : 37 M€

Le poste Achats pèse 2,4 Mds€ à l’échelle d’Agromousquetaires. En massifiant, standardisant sur des produits transversaux (non spécifiques) et grâce à des plans progrès mis en place avec les fournisseurs, le pôle agroalimentaire mise sur 37 millions d’euros d’économies. « La direction achats va regrouper la quarantaine d’acheteurs répartis dans chaque usine. Actuellement, ils traitent chacun plusieurs matières sur une seule usine. Demain, ils en traiteront chacun une seule pour l’ensemble des usines », illustre Christophe Bonno.

3 Supply Chain : 12 M€

La logique de massification va s’appliquer aussi à la supply chain, en aval comme en amont. Cela concerne Agromousquetaires mais aussi le groupement des Mousquetaires. Cela passe aussi par l’amélioration de la planification de la production et de la prévision des ventes et des flux avec Intermarché, premier client des 64 usines du pôle.

4 Performance industrielle : 17 M€

« Nous sommes en train de développer l’expertise lean management, 5S, smed et nous collaborons avec l’école POP pour développer les compétences en maîtrise des procédés et en organisation notamment sur le lien production-maintenance », explique Christophe Bonno. Un autre enjeu est de travailler sur la fiabilité maximale des équipements et sur la réduction des consommations énergétiques avec un objectif de réduction de - 3 % d’ici à 2020.

5 Sécurité : 4 M€

Le principal axe est de réduire de 20 % le nombre accidents annuels sur les 64 usines. « Ce qui passe par une montée en compétences des équipes, avec des enjeux sociaux et économiques à la clef », souligne Christophe Bonno. Ce volet inclut aussi la réduction du nombre de sinistres, le pôle ayant connu ces dernières années des incendies, comme sur l’usine du Moulin de la Chaume récemment reconstruite. Il s’agit aussi de déployer un référentiel « Politique Sécurité » unique et commun à tous.

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