De gauche à droite Richard Girardot, président de l'Ania, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Dominique Chargé, président de Coop de France, lors de la présentation de la présentation de leurs contributions communes au Pacte Productif le 1er octobre dernier.

Pacte productif : l’Ania, la FNSEA et Coop de France répondent à la consultation en sept propositions

7 octobre 2019 - Karine Ermenier

Pour contribuer au volet alimentation et agriculture du Pacte Productif, l’Ania, Coop de France et la FNSEA ont planché ensemble à la rédaction d’un diagnostic et à l’élaboration d’un plan d’actions en sept propositions. L'objectif étant de redonner de la compétitivité à la filière, tout en développant l'emploi.

Produire davantage en France et atteindre le plein emploi d’ici 2025. Tels sont les deux objectifs principaux du Pacte Productif appelé de ses voeux par le président de la République au printemps dernier. Ses fondements ont été précisés par le gouvernement le 19 juin, en compagnie des organisations patronales et syndicales. Le Pacte productif vise à accroître la part de l’industrie et de l’agriculture dans le PIB français de 13,5 % aujourd’hui à 15 % en 2025 et 20 % en 2030.

Pour le volet alimentation et agriculture, l’Ania, Coop de France et la FNSEA ont planché ensemble à la rédaction d’un diagnostic et à l’élaboration d’un plan d’actions en sept propositions. « Dans le cadre des EGA, nous avions pour ambition de mettre un terme à la destruction de valeur dans la chaîne alimentaire. Avec le Pacte productif, il s'agit de trouver les voies et les moyens permettant aux entreprises de la filière alimentaire, de la fourche à la fourchette, de répondre à la fois aux attentes des citoyens et des consommateurs, et à l'impératif de compétitivité. Et ce, dans un environnement extrêmement concurrentiel aux niveaux européen et mondial », annoncent en chœur les trois organisations. Côté diagnostic, l’heure n’est pas aux réjouissances : perte de compétitivité du secteur en Europe, déficit de la balance commerciale européenne (pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale), destruction de valeur, réduction drastique des capacités d’investissement, difficulté à rémunérer correctement les producteurs, etc.

« Mais ce constat n’est pas une fatalité, indique le rapport des trois organisations professionnelles. Le secteur est prêt à relever collectivement le défi du Pacte productif. C'est pourquoi, nous formulons une série de propositions concrètes qui révèlent l'ampleur de la tâche. Nous n'y parviendrons qu'en raisonnant dans le cadre de démarches collectives impliquant l'Etat et ses services décentralisés. Une des clés de la réussite sera notre capacité à développer des logiques de filières, globales et cohérentes.» 

Une série de propositions concrètes

Les propositions avancées par le collectif se résument en sept points clés :

1) Restaurer la confiance des acteurs économiques à travers une approche « pro business » de la part de l’État : cela passe notamment par la reconquête du marché intérieur, à savoir la baisse des importations et l’augmentation de 60 % des exportations.

2) Renforcer le rôle et les modalités d’action des territoires : cela consiste à replacer les territoires au centre du jeu en déclinant les plans de filières élaborés au niveau national avec les projets alimentaires territoriaux. Cela comprend l’amélioration de la connectivité internet, l’application des EGA en matière d’achats publics (quota de produits durables ou sous signes de qualité, sourcing français, etc.), l’investissement dans les infrastructures de transport.

3) Préserver l’emploi et renforcer la capacité de recrutement de la filière

4) Investir dans l’outil de production en abaissant, par exemple, le seuil d’accès aux financements public, en simplifiant et en accélérant les procédures administratives, en renforçant l’appui à la recherche et développement des PME ou en pérennisant la mesure de suramortissement productif.

5) Soutenir la recherche et l’innovation en renforçant, par exemple, le dispositif Crédit d’Impôt Recherche pour les PME/TPE.

6) Permettre la mise en marché et la valorisation de l’offre alimentaire à l’export. Cela passe, par exemple, par la mise en œuvre dans les accords de libre-échange (ALE) de véritables mesures sur le développement durable pour interdire les importations de produits dont les conditions de production sont moins durables qu’en France.

7) Mettre un terme aux distorsions de concurrence.

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