Un chiffre d’affaires en hausse de 2,84 % pour Maîtres Laitiers du Cotentin

La coopérative laitière normande Maîtres Laitiers du Cotentin (MLC) a tenu son Assemblée Générale mardi 20 septembre à Valognes dans la Manche, en présence de 156 délégués représentant 1 200 producteurs. Premier constat marquant et assez significatif de la philosophie et des résultats du groupe : l'ambiance était sereine. De quoi trancher avec la colère exprimée par une partie des éleveurs laitiers ces dernières semaines. L’explication est simple : MLC a pu payer le lait (tous compléments compris : qualité, butyriques, charte de bonnes pratiques, aides conjoncturelles, intérêt aux parts sociales, etc.) 352,43 € les 1 000 litres à ses adhérents sur l’année 2016. « J’ai bien conscience que ce prix moyen payé sur 110 % des volumes structurels ne permet pas aux plus fragiles de vivre, a déclaré Christophe Levavasseur, président de la coopérative. Mais la coopérative s’efforce d’être le premier levier amortisseur d’une volatilité des prix destructrice de valeur. En 18 mois, le prix du lait a chuté de 110 € les 1000 litres. »

Résultat net en hausse de 33 %

Second élément rassérénant : les bons résultats du groupe sur l'année laitière 2015-2016 close au 31 mars. Dans un contexte de marché laitier très difficile (fin des quotas avec un effet de surproduction à l’échelle européenne, consommation atone en Europe, négociations tendues avec la grande distribution, etc…), le groupe coopératif a, en effet, su tirer son épingle du jeu : le chiffre d’affaires consolidé du groupe a progressé de 2,84 % à 1,73 milliard d’euros et son résultat net s’est même bonifié de 33 % à 13,2 millions d’euros. « Cette performance tient en très grande partie à notre réseau de distribution France Frais, le bras armé du groupe, qui représente aujourd’hui près de 40 % de nos débouchés », explique Michel Levavasseur. Et pour cause, la filiale France Frais (numéro un français de la distribution de produits frais en restauration hors-domicile avec 32 % de parts de marché) a réalisé un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros en 2015-2016, soit 82,6 % de l’activité du groupe. L’entité « coopérative MLC » en charge de la transformation, elle, a vu son chiffre d’affaires reculer de 1,66 % à 326,5 millions d’euros, mais a néanmoins su tripler son résultat net pour atteindre 2,6 millions d’euros sur l’exercice grâce à deux facteurs clés : la performance industrielle de son outil de production (l’usine de Sottevast serait la plus productive d’Europe) et la valorisation de ses débouchés.

Jean-François Fortin, directeur général du groupe, a ensuite exposé la stratégie de MLC : lancement de la marque Campagne de France, développement du réseau France Frais, acquisitions, mise en route de l'usine de Méautis. « Notre performance tient dans notre capacité à valoriser nos excédents de lait. Et pour ce faire, il nous faut une diversité de capacités industrielles », a-t-il indiqué. Cette stratégie s’est illustrée et renforcée très récemment par le rachat, annoncé en juillet dernier, de la fromagerie Réaux, ou encore celui, encore en cours, du fabricant de glaces Pédone situé en région parisienne.

Avec l’investissement de 116 millions d’euros dans la nouvelle usine de Méautis (dont la mise en route est prévue en avril 2017), le groupe MLC se diversifiera, cette fois, vers la production de briquettes de lait infantile UHT pour le marché chinois. « La nouvelle usine sera occupée à 40 % par cette nouvelle activité, à 30 % par l’activité beurre et crème venue de l’usine de Tribéhou et le reste proviendra de développements internes dans l’ultra-frais. »

Rachat du glacier Pédone

La filiale Evoling, nouvellement créée par le groupe pour chapeauter les rachats de sites industriels (tels que Réaux et Pédone), prévoit d’ores et déjà de nouvelles acquisitions, dans le but, entre autres, de proposer des productions intégrées de plus en plus diversifiées à sa filiale de distribution. « Il est possible que demain des acquisitions se fassent ailleurs, en dehors de la Normandie, sur d’autres AOP. Et pourquoi pas aussi dans le lait de chèvre ? », glissent les dirigeants de MLC qui envisagent même, si l’ampleur de l’investissement l’impose, de s’associer à des partenaires.

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