Ingrédients

Allégations de santé: clap de fin pour les génériques

13 septembre 2011 - Pierre Christen

L’Efsa a terminé l’évaluation des allégations 13.1. Le résultat est décevant pour les industriels voulant valoriser les atouts « santé » de leurs produits. Malgré tout, des opportunités existent, avec plus de 200 allégations évaluées positivement. Elles concernent à plus de 60 % les vitamines et les minéraux.

C’est dans la souffrance et la douleur que les scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments ont publié le sixième lot d’avis, concluant l’évaluation des 2758 allégations de santé génériques, relevant de l’article 13.1 du règlement européen n° 1924/2006. Sur le plan des conclusions, l’objectif politique initial est atteint. De Lisbonne à Varsovie en passant par Paris et Londres, les linéaires européens ne verront pas l’explosion d’une alimentation santé. Moins de 10 % des demandes ont reçu une évaluation positive.

De nombreuses opportunités pour les vitamines

Le rempart érigé par la Commission a été de requérir un niveau de preuves scientifiques élevé. De grandes familles d’ingrédients santé, tels les prébiotiques et les probiotiques, ont vu leurs espérances s’envoler, faute de preuve scientifique ou de caractérisation de l’effet ou de l’ingrédient. Parmi les heureux élus toutefois: vitamines et minéraux, certaines fibres, les ferments du yaourt, les polyphénols de l’huile d’olive, les noix, certains acides gras, les substituts de sucres, etc.

Ce processus a suscité beaucoup de frustrations de la part des industriels, qui voient ainsi se fermer la porte d'un marché. Il a fait naître de sérieuses interrogations quant aux avis prodigués par les experts européens. En substance, l'Efsa n'a pas eu les moyens à la hauteur des exigences qui lui avaient été adressées. De plus, force est de constater que le niveau de dialogue avec les professionnels a été insuffisant. Les recommandations ayant été données après-coup. Par exemple, la plupart des études soutenant les prébiotiques n’ont pas pu prendre en compte la volonté des experts d’évaluer en fait l’effet « diminue les microorganismes potentiellement pathogènes du système gastro-intestinal ».

Pour autant, tout ne semble pas perdu. Selon Nutraveris, les allégations rejetées pour cause de caractérisation insuffisante ou de données scientifiques insuffisantes, vont pouvoir être réévaluées sous réserve de déposer un dossier avant le 30 septembre 2011 selon la procédure « 13.1 further assessment ».

A plus long terme, on est en droit de se demander si les progrès des sciences nutritionnelles, en particulier grâce à la nutrigénomique et à la métabolomique, ne pourraient pas d'ici une décennie contribuer à construire de nouveaux dossiers d'allégations cette fois irrécusables. En parallèle, les processus d'évaluations spécifiques selon les articles 13.5 (données scientifiques nouvelles ou propriétaires) et 14 (pathologie et développement des enfants) se poursuivent. Toujours est-il que le niveau d’exigences est là aussi très élevé. Et au final, l’innovation santé devrait rester l’apanage des grands acteurs du secteur susceptibles de sortir des millions d’euros dans des études cliniques.

  • Retrouvez le tableau récapitulatif des avis positifs dans le numéro de septembre 2011.


Retrouvez l’intégralité de notre article « Allégations de santé: clap de fin pour les génériques » ainsi qu'une synthèse des effets santé reconnus dans notre numéro de septembre 2011.

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