Ingrédients

Beneo : « Nous allons vers une alimentation à deux vitesses »

17 septembre 2012 - Pierre Christen

Anke Sentko (Beneo) DR

Le groupe Beneo est spécialisé dans les fibres solubles (inuline, oligofructose) et les glucides fonctionnels (isomaltulose). Anke Sentko, vice-présidente « Affaires réglementaires et Communication-nutrition » nous livre sa vision de l'approche de l’Efsa d'évaluation des allégations de santé.

Que vous inspire l’approche de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) ?

A. S :Dans le but d’informer et de protéger le consommateur, la Commission européenne a mandaté l’Efsa pour évaluer les dossiers de demande d’allégations de santé selon le règlement (CE) n°1924/2006. Un des éléments clefs de la réglementation est que les allégations doivent être basées sur des preuves scientifiques généralement admises concernant leur bénéfice pour la santé. Nous adhérons à ce principe dans la mesure où nous croyons fortement en la valeur des allégations démontrées scientifiquement, à condition qu’elles soient simples à comprendre pour le consommateur et qu’elles ne suscitent pas de mauvaise interprétation. Cependant, la situation a changé considérablement ces quatre dernières années. Le principe de développer une nutrition favorable à la santé a été modifié au profit d’une alimentation ayant des effets pharmacologiques.

Quelles sont vos craintes ?

A.S. : Avec un taux de rejet de 80 %, les critères d’évaluation doivent être interrogés. Sans correction de la part de la Commission européenne, nous craignons l’apparition d’une alimentation à deux vitesses. D’une part, les aliments « normaux », qui couvrent les exigences nutritionnelles basiques et qui ne sont pas qualifiés pour un quelconque message santé. D’autre part, des produits alimentaires médicinaux, à l’image de ceux qui peuvent baisser de manière significative le cholestérol sanguin. La procédure des allégations de santé n’est pas finalisée. Cependant, nous avons le sentiment qu’au final le consommateur sera le perdant, alors même qu’il devrait avoir la chance de bénéficier d’effets positifs basés sur des preuves crédibles.

L’effet prébiotique de l’inuline et de l’oligofructose n’a pas été reconnu par l’Efsa. En revanche, l’Efsa a reconnu la relation positive entre un certain nombre de substituts de sucre, dont l’isomaltulose, et la réduction de la réponse glycémique après-repas. Cela change-t-il votre stratégie ?

A.S. : Nous croyons naturellement dans le bénéfice de nos ingrédients et continuons à investir dans la science. Nous prenons en compte les avis et recommandations de l’Efsa dans la mise en place de nos études pour préparer de nouveaux dossiers de demandes d’allégation de santé.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois