L’Inra et Bridor (Le Duff) ont mis au point une baguette contenant un mélange de sept fibres qui stimulent le microbiote. Une étude clinique prouve également un bénéfice santé sur la flore intestinale, la régulation de la glycémie et du cholestérol. Crédit photo Bridor

Nutrition

Bridor et l’Inra mènent le microbiote à la baguette

12 novembre 2019 - Amelie Dereuder

La filiale du groupe Le Duff s’est associée à l’Inra pour développer l’Amibiote, un pain riche en fibres capables de moduler le microbiote, de diminuer le taux de cholestérol et d’agir sur l’insulino-résistance.

En quelques années, le microbiote est devenu la marotte de nombreux consommateurs, séduits par le livre de Giula Enders, « Le charme discret de l’intestin ». Beaucoup ont découvert l’intérêt primordial de cette flore et la nécessité de l’entretenir (en qualité et diversité) pour préserver la santé. Les recherches académiques se sont également multipliées et commencent à porter leurs fruits avec l’apparition de nouveaux produits alimentaires. Un des exemples les plus récents est l’Amibiote mis au point par Bridor et l’Inra. Pour une fois, il ne s’agit pas d’un produit laitier, mais d’un pain, aliment consommé par 98 % des Français.

Fruit de trois ans de recherche, cette baguette contient un mélange de sept fibres sélectionnées par l’Inra pour leur action sur le microbiote. On y retrouve notamment du son d’avoine, du son de blé micronisé, des flocons d’avoine, de l’inuline, de la dextrine résistante de blé, de la gomme de caroube et de la pectine de citrus. Grâce à sa richesse en fibres (11 %), l’Amibiote obtient un Nutri-Score A, au lieu de B ou C pour des baguettes classiques. Ce pain contient aussi un peu moins de sel (1,3 % au lieu de 1,5 %). Le pain de 230 g est commercialisé en grande surface, dans un sachet bleu aux codes graphiques qui rappellent le best-seller de Giula Enders. La baguette est vendue environ 1,3 €.

Des résultats validés par une étude clinique

Une étude clinique dirigée par le CRNH (Centre de Recherche en Nutrition Humaine) Rhône-Alpes, sur 40 volontaires a montré que cette baguette était capable d’améliorer la composition du microbiote, de diminuer le taux de cholestérol et d’agir sur l’insulino-résistance. C’est la quantité et la diversité du type de fibres qui permet de stimuler différentes bactéries du microbiote, chaque structure étant digérée par différentes niches écologiques. « Chaque bactérie produit un type d’enzymes capable de dégrader certaines fibres. Par exemple, les Bifidobactéries vont pouvoir fermenter l’inuline, un fructo-oligosaccharide », illustre Joël Doré, directeur de recherche à l'unité Micalis à l’Inra. Les molécules issues de ces dégradations, comme les acides gras à chaîne courte (type butyrate), vont être utilisées par l’Homme tandis que d’autres vont nourrir d’autres bactéries et ainsi améliorer la diversité du microbiote.

L’étude a révélé que la consommation quotidienne de 150 g de baguette pendant 20 semaines a stimulé trois taxons microbiologiques connus pour apporter des bénéfices santé. Certaines fibres comme le son de blé vont aussi agir sur le transit intestinal, tandis que les β-glucanes de l’avoine ou la pectine vont plutôt réguler la glycémie et le cholestérol sanguin. Les allégations sur le microbiote n’étant pas autorisées, Bridor met en avant la richesse en fibres et la présence de β-glucanes (maintien de la cholestérolémie) pour assurer la communication scientifique autour de la baguette.

 

Retrouvez plus de détails dans notre rubrique "L’innovation du mois" paru dans le numéro de novembre 2019.

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