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Covid-19 : Le Cniel veut limiter la production de lait

3 avril 2020 - Amelie Dereuder

Comment jongler entre la progression de l'absentéisme dans les usines et l'augmentation des volumes de lait reçus, tel est le défi de la filière laitière française. D'autant que le marché est confronté à un bouleversement de la demande, avec la fermeture des restaurants et de fortes contraintes à l'export. Or la production laitière va atteindre son traditionnel pic de printemps. Pour éviter ce redoutable effet de ciseau, l’interprofession aimerait inciter les éleveurs à diminuer d’eux-mêmes leur production, sachant que les prix du lait ont déjà baissé à cause de la pandémie de Covid-19.

Dans sa lettre du 31 mars 2020, le Cniel explique attendre un pic de production de lait (3,3 % de plus que la collecte hebdomadaire moyenne, soit 64 millions de litres de lait supplémentaires sur la durée du pic) dans une filière tendue avec des outils de production déjà saturés. Pour éviter un engorgement, l’interprofession souhaite mettre en place des mesures pour lisser de la production de lait. Elle a demandé à la Commission européenne l’autorisation de mettre en place en avril un fonds de solidarité exceptionnel de 10 millions d’euros, issu de sa trésorerie, qui pourra indemniser les éleveurs limitant leur production. Cette aide se calculerait sur la totalité du volume non produit -pour une baisse de 2 à 5 % – et pour un prix du lait fixé à hauteur de 320 euros maximum les 1000 litres (le prix moyen pratiqué en avril).

« Nous réitérons également l’urgence de débloquer au niveau européen les aides au stockage privé de fromages, beurres et poudres. Nous appelons les pouvoirs publics français à appuyer nos demandes au niveau communautaire et à renforcer les dispositifs d’accompagnement des entreprises en difficulté », souligne Thierry Roquefeuil, président du Cniel.

D’après la note de conjoncture du Cniel en mars, les prix du lait sont également touchés par les effets de la crise du coronavirus. Après avoir flirté avec les 2700€ /t mi-février, les cours de la poudre de lait écrémé ont chuté pour redescendre en-dessous des 2500 €/t à la mi-mars. La situation est similaire pour la poudre de lait entier (-200 €/t à 2950 €/t mi-mars) et la poudre de lactosérum (-80 €/t à 720 €/t).

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