Pour continuer de produire tout en assurant la sécurité des personnes en cette période de pandémie de Covid-19, les bonnes pratiques se multiplient. Crédit photo Adobe starkovphoto

Ingrédients

Covid-19 : les bonnes pratiques se multiplient chez les fournisseurs d’ingrédients

26 mars 2020 - Amelie Dereuder

Comme tous les autres acteurs, les fournisseurs d’ingrédients sont extrêmement sollicités pour assurer une continuité de la production et éviter les pénuries pendant la pandémie. Chacun agit à sa mesure pour limiter l’impact du coronavirus. Exemples.

Avec le durcissement du confinement, les Français continuent de s’inquiéter de la disponibilité des produits de première nécessité. Pour éviter des mouvements de panique liés à de possibles pénuries, il est nécessaire que la filière alimentaire fonctionne à plein régime. La grande majorité des fabricants français font face à une demande accrue, qui se répercutent sur les fournisseurs ingrédients. Les ventes de l’activité foodservice ayant diminué (ne restant que la restauration rapide à emporter et la livraison), les fournisseurs voient souvent leurs ventes dédiées à l’industrie grimper en flèche.

Pour y faire face tout en assurant la sécurité des personnes, les bonnes pratiques se multiplient. Le télétravail est devenu incontournable pour toute fonction administrative ou support, comme la R&D, le marketing… Les commerciaux sont bien souvent interdits de déplacements et de visites. Par contre, les équipes de production continuent de répondre présentes sur les sites et on dénombre assez peu de droit de retrait. Toutes les entreprises évoquent l’engagement des salariés pour continuer à faire tourner les usines. D’autant que les réorganisations sont nombreuses.

Produire de l'alcool et du gel hydroalcoolique

Certains sucriers comme Tereos, Cristal Union ou Südzucker ont restructuré leur activité pour produire de l’alcool éthylique ou des gels hydroalcooliques (lire ici). Dans la même optique, Roquette a décidé de mettre à contribution l’une de ses lignes pilotes de Lestrem (62). Ne produisant habituellement pas ce type de solution, les équipes de Roquette se sont mobilisées pour obtenir les autorisations réglementaires nécessaires et adapter les lignes. Les gels sont distribués gratuitement aux hôpitaux de la région. Une partie est également utilisée en interne. Disposer d’une réserve de produits désinfectants est aussi un enjeu important pour d’autres grands groupe. Kerry a également adapté son unité de production d’arômes et d’extraits à Grasse (06) pour fabriquer son propre gel hydroalcoolique. Il est employé en interne pour protéger les salariés.

Pour les fournisseurs qui ne disposent pas de ce type de capacités, d’autres mesures sont prises. Dans le Grand-Est, Colin Ingrédients poursuit son activité malgré la pandémie qui y fait rage. Puisque les demandes ont chuté, l’entreprise familiale a choisi de mettre sa branche restauration à l’arrêt et d’employer toutes les forces de travail dans sa branche industrie. « Cette dernière continue de produire de façon intense. Nous avons de la chance, les équipes sont très engagées et jouent le jeu alors que l’organisation est très chamboulée », explique Carole Pey, directrice marketing de la société alsacienne. Pour s’assurer que ses salariés ne soient pas touchés, Colin Ingrédients a ajouté un certain nombre de mesures aux gestes barrières classiques : l’entreprise a fermé son restaurant d’entreprise, demande aux équipes de se désinfecter les mains toutes les heures et de porter systématiquement un cache-barbe.

Aménager les temps de travail

Chez Kerry, les différentes usines françaises ont instauré des roulements pour éviter l’affluence en heure de pause. Pour limiter une éventuelle propagation du Covid-19, elles ont aussi mis en place des salles dédiées aux transporteurs, séparées du reste de la production. De son côté, le groupe Limagrain organise des téléconférences journalières pour assurer la coordination et la continuité de l’ensemble de ses activités.

Le groupe Lesaffre mise sur la présence en grande quantité de gel hydroalcoolique dans les usines et sur le nettoyage des surfaces. Les poignées de portes et les postes de travail sont régulièrement désinfectés. En salle de contrôle, les claviers des ordinateurs ont été recouverts de plastique pour être plus facilement nettoyés. La température est prise à l’entrée de chaque usine. La disposition est volontaire, mais tous les salariés s’y sont prêtés. Les laboratoires R&D ont été fermés, ainsi que d’autres activités qui ne relèvent pas directement de la production.

Enfin, certains fournisseurs recommandent à leur client de réaliser des commandes complètes et d’éviter des approvisionnements palette par palette. En effet, la logistique est compliquée et tous les transporteurs ne peuvent pas continuer leur activité. Pour limiter les contacts à tous les niveaux, réduire le nombre de livraisons et remplir les camions au maximum est une stratégie à envisager.

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