Ingrédients

Etiquetage nutritionnel : les codes couleurs retoqués

23 mars 2010 - Pierre Christen

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Le projet de réglementation européenne relative à l’étiquetage des denrées alimentaires vient de franchir une nouvelle étape avec le vote mardi 16 mars de la Commission « environnement » du Parlement Européen. Les euro-députés ont réaffirmé la nécessité d’une information obligatoire sur l’énergie et la valeur nutritionnelle. Ils ont toutefois voté contre l’utilisation systématique d’un système de « traffic light », c’est-à-dire de code couleurs selon le modèle britannique.

 

Énergie, graisses saturées, glucides, sucre, sel

Le projet ne prévoit que des changements mineurs concernant les règles existantes d’étiquetage telles que la liste d’ingrédients ou l’apposition des dates de durée de vie. Il va par contre rendre obligatoire l’apposition d’une liste d’informations nutritionnelles clefs. La commission a donné son accord pour que le contenu énergétique, les quantités de graisses, de graisses saturées, de glucides, de sucre et de sel soient étiquetés de manière obligatoire sur les produits alimentaires, à l’exception des boissons alcoolisées. Les parlementaires ont ajouté à la possibilité d’inclure de manière volontaire les protéines, les fibres, les acides gras trans (naturel et artificiel). L’utilisation obligatoire d’un code couleurs a donc été rejetée. Aucune prescription pour un système spécifique n’a été retenue, ce qui permettra aux Etats-membres d’adopter ou de préserver des règles nationales.

 

Pas de code couleurs

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a vivement réagi pointant du doigt l’ampleur de l’épidémie d’obésité. « Nous sommes très déçus par [ce] vote, a déclaré Monique Goyens, directrice générale de l’organisation. Les études menées en Europe ont démontré que les consommateurs trouvent que le système de code de couleurs multiples est le moyen le plus facile et le plus simple pour permettre au consommateur qui le souhaite d’opter pour une alimentation saine ». En France, le vote devrait toutefois satisfaire l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) qui sur la base des conclusions du rapport du CNC (Conseil National de la Consommation), s’est déclarée opposée « à tout système du type "feux tricolores" simpliste et discriminant ».

Le texte passera en première lecture au Parlement européen fin mai. Le Conseil Européen adoptera alors sa position avant que la proposition soit de nouveau débattue au sein de la Commission « environnement ».

Si le texte est adopté tel quel, les industriels auront un délai pour préparer les changements induits. Les règles sur l’étiquetage nutritionnel prendront effet cinq ans après publication du texte pour les entreprises de moins de cent salariés ou 5 M€ de chiffre d’affaires, et trois ans pour les autres.

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