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Huile de palme : le vent tournerait-il ?

18 décembre 2012 - Pierre Christen

L'amendement "Nutella" a été abandonné, mais une taxation des lipides pourrait revenir sur le devant de la scène lors de la loi de santé publique, prévue en 2013. © Louis Renaud - Fotolia.com

Le vent politico-médiatique serait-il en train de tourner au bénéfice de l’huile de palme ? Le corps gras, très utilisé dans les produits alimentaires du fait de ses excellentes propriétés techniques, a été mis sur le grill en cette fin d’année. Dans le cadre de l'adoption de la loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2013, le sénateur Yves Daudigny avait déposé un amendement visant à surtaxer le corps gras.

Cette proposition a eu l’avantage de susciter un débat public, durant lequel les défauts nutritionnels et environnementaux de l’huile de palme ont été relativisés (Lire Process Alimentaire de décembre 2012, pp.45-46). Lors du vote définitif, début décembre, les députés ont finalement rejeté l'amendement, que leurs homologues sénateurs avaient trop vite dénommé "amendement Nutella".

Pas de conclusion hâtive

De manière concomitante, les défenseurs de l’huile de palme ont gagné un autre combat. Le tribunal de commerce de Paris a condamné le 04 décembre Système U à cesser toute nouvelle diffusion de publicité incriminant l’huile de palme. L’instance a notamment caractérisé le préjudice porté, par les Magasins U, à toute la filière des planteurs et des producteurs de Côte d’Ivoire, représentés par l’AIPH. Cette association rappelle qu’en Côte d’Ivoire, la production d’huile de palme fait vivre 2 millions de personnes, soit 10% de la population. Et que les revenus générés participent à un niveau de vie en constante progression.

La décision toutefois ne va pas influer sur la politique d’éviction du corps gras dans les produits MDD de l’enseigne. De même, il serait hâtif de conclure à l’absence d’un retour d’un projet de taxe dès l’année prochaine. Lors des débats à l’Assemblée nationale, le député Christian Paul a exprimé la position qui semble avoir guidé le gouvernement. Il explique : « Je ne suis pas sûr que nous disposions aujourd’hui de toutes les expertises permettant d’évaluer les incidences de la consommation de ces produits sur la santé. […]. Il faut s’emparer de ces sujets, mais sans doute pas dans le bruit et la fureur du projet de loi de financement de la sécurité sociale ».

« Je vous propose d’engager ce débat sur les lipides en général lorsque sera présentée la grande loi de santé publique annoncée pour 2013 », a conclu Gérard Bapt, le rapporteur. Le débat n’est donc que remis à plus tard…

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