En 2019, le soja a poursuivi sa progression avec 163 000 ha, soit 6% de plus que l’année précédente. La production avoisine les 420 000 tonnes et le rendement national atteint 26 q/ha. Crédit Adobe zoyas2222

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Légumineuses françaises : l’interprofession fait le bilan

10 avril 2020 - Amelie Dereuder

Terres Univia et Terres Inovia ont fait le bilan 2019 de la production de légumineuses en France. Le pois et le soja ont bien tiré leur épingle du jeu, tandis que la lentille et la féverole ont davantage souffert des conditions climatiques.

Tirées par une augmentation de la consommation de légumes secs et le souhait des agriculteurs de diversifier leurs productions, les légumineuses ont le vent en poupe dans l’Hexagone. Leur interprofession, Terres Univia, et leur institut technique, Terres Inovia, ont délivré le bilan de la dernière production de soja, pois chiche, pois, lentille et féverole.

En 2019, le soja a poursuivi sa progression avec 163 000 ha, soit 6 % de plus que l’année précédente. La production avoisine les 420 000 tonnes et le rendement national atteint 26 q/ha. « La bonne surprise vient de la bonne teneur en protéines des graines, qui gagne 1,4 point par rapport à 2018, avec 42,1 % de matière sèche. Une bonne nouvelle pour les utilisateurs français en alimentation humaine et pour les unités régionales de trituration qui se sourcent en soja local pour approvisionner des filières animales de qualité », observent Terres Univia et Terres Inovia. Cependant, la France est encore loin de l'indépendance protéique, puisqu’elle a importé près de 600 000 tonnes de graines de soja et 3 millions de tonnes de tourteaux de soja, dont une partie en non OGM et en bio.

Le pois chiche en progression mais de petit calibre

Le pois chiche continue de progresser avec 36 000 ha plantés en 2019 contre 32 000 ha en 2018 et 19 500 ha en 2017. « Cependant, les températures estivales ont considérablement freiné la floraison, donnant des rendements moyens (de 13 q/ha dans le Sud-Est à 19 q/ha dans le Sud-Ouest et 20 q/ha en Poitou-Charentes et Bourgogne). Les pois chiches sont de petits calibres, moins prisés par les marchés », selon les observations de Terres Univia et Terres Inovia. L’interprofession estime que la récolte 2019 a atteint 50 000 tonnes de graines en France.

De son côté, la lentille a vu ses surfaces tripler depuis 2015, passant de 17 000 ha à presque 37 550 ha en 2019. Cette année pourtant, les rendements sont globalement inférieurs à ceux de 2018 et variables en fonction des bassins, allant de 7,5 q/ha en Haute-Loire au cœur de la zone de production AOP Lentille du Puy, à 27 q/ha dans l'Aube, la Marne et l'Yonne. Comme le souligne l’interprofession, « les cultures ont globalement souffert de conditions climatiques très variables et extrêmes. Les gelées tardives, le froid de début de printemps puis un climat sec et des températures élevées à la floraison et lors du remplissage des gousses expliquent le bilan mitigé de la lentille ». Les gousses étaient souvent mal remplies avec une seule graine de petit calibre dans la majorité des cas. Les attaques de ravageurs ont touché toutes les zones de production, ce qui a dégradé la qualité et les prix. Environ 50 000 tonnes ont été produites en 2019, principalement des lentilles vertes, prisées des consommateurs quand elles sont sous signe de qualité. Par contre, la France importe encore 35 000 tonnes de lentille corail et blonde, dont les prix et les caractéristiques technologiques sont attractives pour les fabricants.

Le pois réalise de belles performances

Le rendement national du pois est en hausse et avoisine les 45 q/ha, avec une production supérieure à 650 000 tonnes. Les rendements en pois d'hiver atteignent 45 à 60 quintaux par ha, et 30 à 60 q/ha pour les pois de printemps. Les graines sont de belle qualité visuelle et leur teneur en protéines est de 22 %. Ce qui leur ouvre des débouchés en alimentation humaine et animale.

En 2019, la féverole a atteint un rendement plutôt bas de 28,2 q/ha, pour une production nationale de 190 000 tonnes de graines. La féverole de printemps a été impactée par la canicule, ce qui a limité le rendement à 30 - 40 q/ha dans le Centre-Ouest. Des rendements de 50 à 55 q/ha ont toutefois été atteints en Normandie. La féverole d’hiver a quant à elle été touchée par les maladies. En conséquence, elle a été dirigée vers l’alimentation animale.

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