Ingrédients

Les ingrédients bio se font une place dans les assiettes

1 juin 2009 - Pierre Christen

Le restaurant Bioart, quai François Mauriac à Paris, est un des premiers restaurants certifiés (Ecocert) agriculture biologique.

« On peut dire que les produits bio ne connaissent pas la crise », a commenté Didier Perreol, p-dg d’Euro-Nat et vice-président de l’Agence Bio, lors de la conférence de lancement du Printemps Bio. L’Agence Bio a en effet communiqué des chiffres confirmant l’envolée de la consommation de produits issus de l’agriculture biologique. En 2008, 44 % des Français ont déclaré avoir consommé au moins un produit bio au moins une fois par mois. Une dynamique positive pour ce mode de production sans produits chimiques de synthèse, ni OGM.

Le bio fait son chemin

Le marché a atteint 2,5 milliards d’euros en 2008, soit une progression de 25%. Cette bonne santé commerciale tirée notamment par la grande distribution et la restauration collective s’accompagne d’un nouveau décollage de la production bio. Selon l’Agence Bio, près de 13300 exploitants répondent aux exigences de l’agriculture biologique en France, cultivant 583 000 ha (+5 %). Plus de 81 000 hectares sont en conversion, soit une hausse de 35 %. La part de l’agriculture bio reste modeste, elle ne représente que 2,4 % des exploitations agricoles françaises et 2,12 % de la surface agricole utilisée (SAU), quand le Grenelle de l’Environnement a fixé un objectif à 20 % en 2020 . Pour autant, le début de l’année 2009 montre que le mouvement des installations s’amplifie. « En 2008, cinq agriculteurs par jour se sont engagés dans l’agriculture biologique, précise Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio. Depuis le début de l’année 2009, nous comptons l’engagement de 11 agriculteurs par jour ». Un mouvement national, particulièrement identifié en Alsace, en Languedoc-Roussillon et Outre-Mer. Les installations sont importantes dans certains secteurs comme la vigne ou le maraîchage.

Répondre à la demande du marché

« La question clef est de savoir si cela sera suffisant pour répondre à la demande du marché », interroge Elisabeth Mercier. D’autant que le baromètre CSA publié début février confirme une tendance de fond d’évolution très forte des achats de produits bio quel que soit le circuit de distribution ». Les ventes de produits bio en grandes surfaces comme en magasins spécialisés ont progressé de 75 % en trois ans. Désormais le marché est tenu par les grandes surfaces (42-43 %), les magasins spécialisés en réseau (39-40 %), la vente directe (13 %), les artisans-commerçants et les distributeurs de produits surgelés (5 %) et Internet (inférieur à 1 %).

Le panier est concentré sur les produits laitiers en grande distribution et sur l’épicerie sèche dans les magasins spécialisés. « Pour autant, dans tous les cas, on constate des élargissements des gammes, analyse Elisabeth Mercier. Et l’émergence des produits traiteur, produits de la mer, charcuterie ».

Les importations en hausse

Pour satisfaire la hausse des ventes de 25 %, les importations ont augmenté. Elles représentent en moyenne un tiers des ventes, mais avec de fortes disparités selon les familles de produits. « Hors produits exotiques , je considère que cette augmentation est conjoncturelle, commente Elisabeth Mercier. Il est important de développer la production dans les secteurs où la France a vocation à produire ». Les secteurs où les importations sont les plus importantes sont les produits de la mer-saurisserie (90 %), les jus de fruits (60 %), l’épicerie sucrée (60 %), les surgelés (60 %), les fruits et légumes (60 %), l‘épicerie salée (50 %) ou encore le traiteur (34 %).

Il y a donc un besoin structurel, qui ouvre des perspectives pour les producteurs et transformateurs hexagonaux. En 2008, on comptait 7400 entreprises de transformation et de distribution certifiées, dont 5630 préparateurs de produits biologiques certifiés (+12 % par rapport à 2007).

Salon Tech & Bio, le r-dv des producteurs et transformateurs bio

« Il n’y a pas d’impasse technologique, martèle Claude Aurias, président de la Chambre d’Agriculture de la Drôme, premier département bio de France (10,7 % de sa SAU certifiée). A tout problème, il y a une solution ». Telle est la vocation du salon Tech & Bio, mis en avant lors du lancement du 15ème Printemps Bio, et qui aura lieu à Loriol-sur-Drôme les 8 et 9 septembre. Porté par l’Assemblée permanente des Chambres d’Agriculture, et soutenu notamment par l’Agence Bio, le réseau FNAB et Synabio, le salon des techniques alternatives s’ouvrira sous l’angle de la performance et de l’innovation, des productions animales et végétales jusqu’à la transformation. Lors de la première édition en 2008, le salon a accueilli 4000 visiteurs, dont 30 % issus du conventionnel. Une proportion en phase avec l’objectif de ce rendez-vous désireux de montrer que la production biologique est techniquement réalisable. Cette année, 8000 visiteurs sont attendus et 150 exposants.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois