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Poudre de lactosérum : coup dur pour Fonterra

5 août 2013 - Pierre Christen

La Chine a suspendu une partie de ses importations de poudres de lait auprès du géant néo-zélandais Fonterra. © Prashant ZI - Fotolia.com

La Chine vient de suspendre temporairement les importations de poudre de lactosérum provenant du géant néo-zélandais Fonterra. En cause : la découverte dans un lot datant de 2012 de la présence de Clostridium, potentiellement dangereux si la souche C.botulinum venait à être confirmée. Si pour l’heure aucune intoxication botulique n’a été constatée, une sanction médiatique mondiale a frappé la coopérative néo-zélandaise, quatrième groupe laitier mondial, très orienté vers l’export. Par ricochet, le groupe français Danone a été affecté via sa filiale Dumex Baby Food, présente sur le marché chinois, qui s’approvisionne auprès de Fonterra.

L’enjeu est colossal. Le marché mondial des produits laitiers secs pèse 14 milliards de dollars (hors échanges intra-UE), contre 8 milliards pour le fromage ou 2 milliards pour le beurre. Sur ce marché gigantesque, l’Asie concentre 63 % des importations. La Chine a un appétit gargantuesque en la matière, depuis le traumatisme du lait coupé à la mélamine en 2008, qui a ouvert la porte aux importations de poudres laitières étrangères.

Sur ce marché où la concurrence internationale fait rage, et sur lequel les opérateurs européens se révèlent être compétitifs, le malheur des uns peut rapidement faire le bonheur des autres. Les géants chinois du marché du lait infantile ont commencé depuis des années à sécuriser leurs approvisionnements en misant sur la filière laitière française.

Synutra, le troisième acteur du marché , a noué en fin d’année dernière un accord avec la coopérative Sodiaal pour investir à Carhaix Plouguer 90 M€ dans deux tours de séchage.

Positionné sur le haut de gamme, le leader chinois Biostime s’approvisionne de longue date en France, via un accord noué dès 2007 avec la Laiterie de Montaigu. La PME vendéenne a d’ailleurs prévu d’investir 32 M€ dans une nouvelle usine en vue de tripler sa capacité de production de lait infantile à destination des marchés export.

Cette même société Biostime a annoncé début juillet l'entrée au capital de la coopérative normande Isigny Sainte-Mère selon un contrat d’engagement sur quinze ans, prévoyant un nouvel outil de 50 M€ d’ici à 2015 en vue de porter le tonnage à 50 000 t.

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