Ingrédients

Probiotiques, le marché se concentre

21 novembre 2016 - Amélie Dereuder

Dans le monde des probiotiques, les rachats se multiplient. En juin, la société suédoise Probi a annoncé le rachat de Nutraceutix, un fournisseur américain de probiotiques. En septembre, Chr.Hansen a racheté les souches probiotiques LGG de Valio, qui sont parmi les plus documentées au monde. Crédit photo Fotolia © Geza Farkas.

Le microbiote intestinal fait l'objet de plus en plus d'intérêt par les consommateurs." Dans le meilleur des cas, on pourrait s'attendre à une croissance sur le modèle des États-Unis, proche de +16,2 % en 2016 et qui devrait perdurer à cette vitesse jusqu'en 2020", témoigne Elizabeth Sloan, présidente du cabinet de prospective Sloan Trends lors du congrès Bénéfiq 2016. Pour les industriels européens, la situation est complexe : la demande existe, mais la réglementation empêche pour le moment d'alléguer sur la présence de probiotiques, ces microorganismes bénéfiques pour le microbiote. En attendant que la situation réglementaire évolue en Europe, le secteur connait une vague de concentration.

Rachats et investissements

Dans le monde des probiotiques, les rachats se multiplient. En juin 2016, la société suédoise Probi a annoncé le rachat de Nutraceutix, un fournisseur américain de probiotiques. Cela permettra à Probi de se développer sur le marché nord-américain, très demandeur de ce type de produit, et surtout d'obtenir une place d'acteur de taille internationale.

De son côté, Chr.Hansen a réalisé un joli coup de filet en septembre. Le groupe a en effet racheté l'activité de probiotiques de Valio, en particulier les souches de Lactobacillus rhamnosus GG (LGG), qui sont parmi les plus documentées au monde (250 études cliniques, 800 publications scientifiques). Ce sont environ 3200 souches qui ont ainsi été acquises pour un montant de 73 millions d'euros. « Une de nos ambitions est d'étendre nos activités sur les solutions microbiennes pour la santé humaine. Les souches LGG et BB-12, que nous possédons déjà, sont les mieux documentées du monde. Ce rachat va nous permettre de nous renforcer sur les marchés des compléments alimentaires et des formulations infantiles, mais aussi de nous positionner sur de nouvelles opportunités sur les produits laitiers », explique Cees de Jong, le p-dg de Chr. Hansen.

Pour DuPont Nutrition & Health, les probiotiques sont aussi un axe de développement majeur. Début novembre, le groupe a annoncé l'investissement de 94 millions d'euros pour augmenter de 70 % les capacités de production de ses usines américaines. Au programme : de nouveaux fermenteurs et d'autres équipements pour répondre à la demande croissante de ce marché. « Les consommateurs veulent prendre soin de leur santé de façon proactive et ils se tournent de plus en plus vers les probiotiques. Nous avons découvert avec nos recherches qu'ils estimaient que ces derniers offrent une opportunité d'améliorer leur santé et leur bien-être. Ils y voient un moyen de contrebalancer les effets d'une vie trépidante et stressante », ajoute John Rea, responsable activité probiotiques, cultures et préservation des aliments chez DuPont Nutrition & Health.

La recherche sur les probiotiques

La recherche n'est pas non plus en reste, en particulier sur l'axe de préservation des probiotiques. L'Inra a par exemple mis au point un nouveau procédé de séchage par atomisation, directement sur le milieu de culture , ici à base de lactosérum. Contrairement à l’atomisation classique qui nécessite une première étape de culture du micro-organisme sur milieu optimisé (souvent non alimentaire), suivie d’un rinçage et d’une remise en suspension dans un nouveau milieu avant séchage à haute température, le procédé développé par l'unité STLO comprend un séchage effectué directement sur milieu de culture de qualité alimentaire. Cette méthode brevetée a deux avantages : gain de productivité et moindre risque de contamination aux étapes intermédiaires.

Enfin, en août dernier, des chercheurs chiliens (Universidad de la Frontera) et canadiens (Pacific Agri-Food Research Centre) ont fait paraître dans Food Chemistry un moyen de protéger les probiotiques par encapsulation par des extraits végétaux et de la maltodextrine. Ils décrivent notamment l'action sur la survie des bactéries après atomisation grâce à des mucilages et des protéines solubles de graines de chia sur Lactobacillus plantarum et de lin sur Bifidobacterium infantis.

Retrouvez notre dossier sur le microbiote intestinal pages 38-42 du numéro de novembre.

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