Ingrédients

Réduction du sel : Nutrionix monte en puissance

1 février 2011 - Pierre Christen

Jean-Luc Treillou, dirigeant de Nutrionix, start-up spécialisée dans la réduction des teneurs en sodium. Crédit : Processalimentaire.com

Les 23 signataires de chartes d'engagements volontaires de progrès nutritionnel sont autant de figures de proue de la vague d’optimisation du profil nutritionnel des produits alimentaires. Par exemple, la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (Fict) vient de s’engager sur une diminution de 5 % des taux de sodium dans les principales charcuteries produites et consommées en France. « Après le gras et le sucre, le sel est la troisième révolution de l’agroalimentaire, affirme Jean-Luc Treillou, dirigeant de Nutrionix, jeune société dont le cœur de métier est la réduction de la teneur en sodium des produits alimentaires.

Au cœur de cette tendance, la start-up Nutrionix créée en 2005 dans l’Allier passe un cap. Elle vient d’implanter son siège social et sa R&D sur la technopole Atalante Champeaux de Rennes au sein d’un bâtiment de 240 m². Elle accélère ainsi son développement. En sachant, qu’elle est en train de recevoir le soutien financier de plusieurs partenaires d’importance, après l’entrée au capital en 2009 de Seventure Partners, un fonds d’investissement leader en nutrition-santé (partie-prenante par exemple de Polaris). Passé de trois à neuf personnes en sept mois, l’effectif projeté en 2013-2014 est de 14 à 25 collaborateurs. Le recrutement de sept ingénieurs supplémentaires d’ici deux ans, sur des postes de R&D, marketing et qualité est ainsi envisagé. Le chiffre d’affaires attendu en 2011 devrait être supérieur à 0,6 M€.

L’enjeu est d’abord sociétal. Jean-Luc Treillou rappelle les études scientifiques établissant le lien entre les décès par et la consommation de sel. « Diminuer notre consommation de sel de 3 grammes permettrait de diminuer de 15 % le risque d’infarctus et de 15 % celui des accidents vasculaires cérébraux », souligne-t-il. Il souligne l’impact médico-économique en citant une étude américaine qui montre qu’une même diminution susciterait 20 Mds € d’économies en Europe par an. Rappelons que la consommation moyenne dans les pays développés est de 10 g de sel par jour, quand la recommandation de l’Organisation mondiale de la Santé est de 5 g/j et que les besoins physiologiques requièrent 2 g/j. Or 75 % du sel consommé provient des produits transformés.

L’enjeu est aussi technique. Car le sel assume plusieurs fonctions dans les produits alimentaires : sapidité, conservation, texture, etc. Les gammes Ksalt proposées par Nutrionix contiennent des mélanges de minéraux appauvris en sodium et enrichis en potassium. Ils sont « sans arrière goût, tout en gardant les mêmes propriétés que le sel : texture des aliments, aspects, fluidité, conservation », précise Jean-Luc Treillou. La déclaration sur la liste d’ingrédients est « mélange de minéraux de sodium et de potassium ».

En parallèle d’une reformulation de la composante aromatique, l’alternative minérale la plus répandue est le chlorure de potassium, un composé dont l’amertume limite toutefois la teneur utilisable. D’autres solutions sont également sur le devant le scène, tels le Gustal de Lesaffre Ingrédients, qui est une levure désactivée, ou le Lactosalt, un mélange de minéraux issus du lait proposé par Armor Protéines.

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