Ingrédients

Tableau nutritionnel : un guide pour se préparer

22 mars 2011 - Pierre Christen

L'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA) publie un guide de bonnes pratiques sur l'étiquetage nutritionnel (64 pages).

Monique Lenormand préside la commission nutrition-santé de l'ABEA : « Notre ambition est de faire de ce guide un outil de référence qui sera employé au-delà des frontières bretonnes, même si la première intention leur est dédiée. »

En plus des calories, les lipides, protides, fibres, acides gras saturés, acides gras trans, sucres et sel devraient être les composants nutritionnels qui s'afficheront, à terme, de manière obligatoire sur les emballages des produits alimentaires. C'est ce que projette le futur règlement européen « Étiquetage » en cours de finalisation. Pour aider les industriels à anticiper cette évolution majeure, l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA) publie un guide de bonnes pratiques.

Partages d'expérience

« Tout est parti de notre prise de conscience de la progression de l'obésité en France, souligne Monique Lenormand, qui préside la commission nutrition-santé, créée il y a quatre ans au sein de l'association. Nous avons souhaité proposer aux adhérents un outil pour mettre en œuvre l'étiquetage nutritionnel en vue de mieux faire connaître la qualité des produits. » Neuf entreprises se sont réunies régulièrement pour rédiger le guide en partageant leur expérience. Il s'agit de Bridor, Cecab, Triskalia, Halieutis, Kermené, Savena, Les Salines de Guérante, Eclor et de Triballat-Noyal. « Le guide est le fruit de la mutualisation de leurs bonnes pratiques, en tenant compte des travaux précédents menés par Silliker ou par l'Ania », précise Monique Lenormand.

Marine Loisel, chargée de mission à l'ABEA : "L'étiquetage nutritionnel reste pour le moment facultatif, sauf pour les produits qui mettent en avant une allégation nutritionnelle ou de santé, mais il va devenir obligatoire à terme. Les industriels souhaitent y voir plus clair".

Flou juridique

Une étude préalable réalisée par Agrocampus Services auprès de 90 entreprises adhérentes a permis de dégager les axes de progrès. Un tiers des sociétés interrogées ne pratique pas l'étiquetage nutritionnel, notamment en raison du flou juridique. « C'est pour le moment facultatif, sauf pour les produits qui mettent en avant une allégation nutritionnelle ou de santé, mais il va devenir obligatoire à terme. Les industriels souhaitent y voir plus clair », pointe Marine Loisel, chargée de mission à l'ABEA. Dans cet objectif, Christine Geoffroy, responsable réglementation au sein d'Adria Développement, animera un atelier de formation le 29 mars 2011 et un autre le 19 avril 2011. « Quant à la méthodologie, les préoccupations des industriels étaient de savoir comment anticiper et mettre en place les outils pour réaliser un étiquetage nutritionnel », précise Marine Loisel. Le programme d'accompagnement prévoir deux ateliers de formation dédiés à l'analyse des valeurs nutritionnelles, le premier associant l'Anses, Silliker et Vegenov.

Reste la question de la représentation graphique, qui sera encadrée par le futur règlement. D'après le projet de texte, une variabilité entre États-membres serait conservée (lire Process alimentaire, novembre 2010, dossier "Nutrition-santé, le retour du bon sens"). Le guide n'aborde pas cette partie. Mais un atelier dédié à la pratique commerciale et marketing de l'étiquetage nutritionnel est prévu. « Sans jamais perdre de vue que le but final est que le consommateur choisisse au lieu de subir », conclut Monique Lenormand.

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