Procédés

La décantation centrifuge valorise « en douceur » les sous-produits

14 avril 2008 - Josselin Moreau

La décantation centrifuge permet de pré-traiter les co-produits et sous-produits liquides chargés en matières en suspension.

D'autres équipements de séparation mécanique comme les presses à bandes peuvent être utilisés en amont de la centrifugation.

Abandonné pendant longtemps par les industries alimentaires, les procédés mécaniques de séparation reviennent à la mode pour le traitement des sous-produits liquides en sortie des unités de productions alimentaires. Et pour cause : le prix des enlèvements des déchets ne cesse d’augmenter et les possibilités de valorisation par pré-traitements peuvent considérablement réduire la facture ainsi que la DCO des effluents envoyés en station d’épuration.
« Les études de procédés de séparation appliqués à la valorisation des co-produits et sous-produits représentent 60% des demandes clients sur le dernier salon CFIA de Rennes », explique Alain Levêque, directeur commercial de Flottweg, entreprise spécialisée dans la centrifugation et la décantation.

Réduire sa facture « déchets »

Parmi les procédés mécaniques ayant la cote, la décantation centrifuge présente plusieurs avantages permettant une valorisation sur site des effluents. Elle permet la déshydratation des particules par plaquage entre les parois du bol et la partie conique de la vis. « Ces équipements permettent le traitement des liquides chargés en matières en suspension entre 3% et 20% du volume total, indique Alain Levêque. La décantation centrifuge a lieu à basses températures avec un temps de séjour du produit très court dans la machine – inférieur à 3 minutes en général -, ce qui évite sa dénaturation ».

Prétraiter en douceur

Les procédés de décantation sont sensibles à la composition et aux débits du liquide entrant. Avant une installation sur site, des phases de tests et de réflexions sur d’éventuels prétraitements peuvent aussi s’avérer importantes pour prévoir le comportement des liquides. Ceci est d’autant plus vrai sur des sous-produits de fabrications qui sont en général peu homogènes entre deux productions. « L’alimentation fluctuante en terme de débit et de composition de l’effluent est la principale cause de bourrage dans les décanteurs centrifuges, » indique Alain Levêque. Pour prévenir cela, Flottweg a mis au point un système de mesure de couple sur la vis convoyeuse baptisé Simp-Drive. « Si le fluide entrant se compose de beaucoup de matières en suspension, la vitesse d’extraction augmente ce qui permet un évacuation plus rapide du produit. Cela a une faible incidence sur le taux de déshydratation et aucune sur la clarification du liquide », souligne Alain Levêque.

Optimiser la collecte

Traitement du sang des animaux, valorisation des drêches de brasseries, des amidons… L’éventail des applications est large. Flottweg a par exemple déjà équipé l’abattoir Louis Gad à Landivisiau dans le Finistère avec un décanteur qui permet de récupérer les protéines préalablement coagulées dans le sang. L’entreprise a aussi installé une presse à bande suivie d’un décanteur centrifuge dans la féculerie d’Haussimont dans la Marne.

« Quand cela est possible chez l’industriel, la valorisation des co-produits peut demander la modification du procédé de fabrication en lui-même. Sélection des effluents à un stade antérieur, collecte en ligne, ... : la réflexion peut porter plus globalement sur l’organisation générale de l’usine pour éviter le rejets des déchets valorisables », conclut Alain Levêque.

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