Procédés

La sobriété énergétique au cœur des enjeux du secteur

8 avril 2022 - Marion DESPOUYS

La remise du prix Energ’IAA le 31 mars dernier s’est déroulée dans un contexte de flambée des coûts des matières premières et de l’énergie. Après bientôt une décennie d'existence, la récompense décernée par EDF et Process Alimentaire est plus que jamais au cœur des enjeux du secteur agroalimentaire.

« L’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme », a rappelé Hervé Blanchet, directeur Territoires et Services EDF Commerce Ouest en ouverture de la remise du prix Energ’IAA. Une petite phrase qui sonne comme une évidence, voire une urgence pour les acteurs du secteur agroalimentaire, confrontés à une augmentation structurelle des coûts des matières premières et de l’énergie. La tendance haussière en cours depuis 2020 s’est vue aggravée ces dernières semaines par les répercussions de la guerre en Ukraine.

Elle était d’ailleurs confirmée par l’économiste Philippe Chalmin le 10 mars dernier lors d’une conférence donnée sur le CFIA : « L’invasion ne fait que prolonger des mécanismes déjà à l’œuvre en 2021 sur l’énergie, la logistique, les métaux ou l’agriculture ». L’économiste et fondateur du cabinet de conseil Cyclope rappelait à cette occasion que le prix du gaz naturel en Europe atteignait déjà une moyenne de 350 € du MWh en mars (contre 5 à 10 € le MWh il y a quelques années).

Juguler la flambée des prix

Pour tenter de juguler une hausse des coûts désormais stratosphérique, le gouvernement a présenté mi-mars un nouveau plan de soutien aux entreprises. Objectif de ce « plan de résilience », entre autres : aider sous la forme d’une subvention les entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent une part élevée des charges, au moins 3% du chiffre d’affaires. Le premier ministre a reconnu à cette occasion que l’agroalimentaire est un « secteur stratégique ». 

Ce plan vient s’ajouter aux précédents : France Relance en 2020 (100 milliards d’euros sur deux ans prévus en soutien à l’économie pendant la pandémie), France 2030 à l’automne dernier (30 milliards d’euros sur 5 ans dédiés à la transition écologique) et au Bouclier Energie (chèque énergie, accompagnement à la rénovation, gels des tarifs réglementés du gaz et limitation de la hausse pour l’électricité). 

Des actions volontaristes 

La sobriété énergétique est aujourd’hui la réponse évidente aux problématiques économiques et environnementales. Et ce ne sont pas les experts du GIEC qui diront le contraire. Selon leur rapport rendu public le 4 avril, pour atteindre l’objectif des Accords de Paris d’une limitation du réchauffement à 1,5°C, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre (GES) atteignent leur pic avant 2025 (soit dans 3 ans) avant d’être réduites de 43 % d’ici 2030. De fait, cet objectif des 1,5°C est d’ores et déjà considéré comme inatteignable. 

Depuis près d’une décennie, le prix Energ’IAA (dont le replay est à retrouver ici) met en avant des actions volontaristes des entreprises en direction de l’efficacité énergétique, et encourage les investissements en ce sens : réduction de l’empreinte carbone, énergies renouvelables, mobilité électrique… L’actualité nous montre que cette récompense est plus que jamais cœur des enjeux économiques et environnementaux du secteur. 

 

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