Hervé Blanchet, directeur Territoires et Services chez EDF Commerce Ouest, partenaire du prix Energ’IAA.

Analyse

Le photovoltaïque en autoconsommation et la mobilité électrique forment un couple gagnant

13 avril 2022 - Stéphanie PERRAUT

Dans un contexte énergétique tendu, les démarches pionnières d’électrification des usages tracent la route vers la décarbonation des activités et la sécurisation budgétaire. Interview de Hervé Blanchet, directeur Territoires et Services chez EDF Commerce Ouest, partenaire du prix Energ’IAA. 

Comment le contexte influence-t-il les questions énergétiques ?

En 2021, nous avons vu flamber les prix de l’énergie. C’est toujours le cas actuellement. En mars 2020, la crise sanitaire a marqué un coup d’arrêt de l’économie avec des prix de matières premières qui ont chuté. Puis la reprise, plus vive que prévue, s’est accompagnée d’une augmentation significative des coûts. Les énergies ont suivi avec une tendance haussière qui s’est inscrite dans le paysage depuis fin 2020. Le conflit en Ukraine ajoute encore de l’incertitude sur les marchés énergétiques mondiaux. Les économistes s’accordent à dire que les prix vont continuer à croître. 
Avant la crise sanitaire, les prix de l’énergie étaient relativement stables depuis quatre à cinq ans. Les prix à terme de l’électricité oscillaient entre 40 et 60 €/MWh, le gaz entre 10 et 20 €/MWh. Les industriels savaient agir, prendre des décisions dans ce contexte de grande stabilité. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. 

Comment les acteurs de l’agroalimentaire peuvent-ils agir ?

Ils n’ont pas attendu pour le faire ! Le prix Energ’IAA en témoigne depuis neuf ans. Le premier pilier de leur stratégie est la performance énergétique. L’énergie la moins chère restera toujours celle que l’on ne consomme pas ! Au travers de notre expertise, au sein du groupe EDF et avec l’appui de nos filiales de spécialité, nous avons à cœur d’accompagner nos clients dans cette démarche. Plus largement, c’est la décarbonation de l’activité qui est dans la ligne de mire. Le sujet progresse et les pistes d’actions se multiplient. Deux sujets sont d’ailleurs en plein boom : la production photovoltaïque en autoconsommation et la mobilité électrique. 

Comment expliquer cet intérêt pour la mobilité électrique ?

La mobilité électrique réduit l’empreinte environnementale sur le scope 1 du bilan carbone, plus spécifiquement sur les émissions de CO2 provenant des véhicules d’entreprise. C’est bon pour l’environnement et aussi pour le portefeuille ! Le TCO (coût total de possession) d’un véhicule électrique est moindre que celui d’un véhicule thermique. L’électrification du parc est encouragée et aidée par des mesures gouvernementales. Même si l’on voit certaines dispositions, comme la loi LOM (Loi d’orientation des mobilités) par exemple, qui met en avant des obligations (installer des bornes sur des parkings notamment), il faut savoir transformer ces contraintes en opportunités ! C’est le moment d’investir.

Quid de la production photovoltaïque en autoconsommation ?

Nous avons constaté ces dernières années un fort attentisme des clients. La durée d’amortissement de ces équipements était relativement longue. Aujourd’hui, avec les prix de l’énergie, le retour sur investissement se raccourcit. Nous observons des gains de trois à quatre ans en moyenne. En permettant de produire et de consommer en local, ces équipements s’inscrivent aussi de plein droit dans les démarches RSE des entreprises. 
Un autre point à retenir : en produisant et consommant sa propre énergie sur site, avec un équipement qui est aujourd’hui rentable, on s’exonère d’une certaine exposition au marché. Quand les prix sont élevés, on réduit sa facture d’achat électrique et on gagne en visibilité budgétaire.

La fromagerie Gillot a franchi le pas de l’autoconsommation. La société Sofradi électrifie progressivement son parc de véhicules. Quels enseignements peut-on tirer de ces démarches ?

Cette qualité d’anticipation que l’on a pu voir chez Gillot et Sofradi fait toute la différence. Le marché est en plein boom sur la mobilité électrique, l’autoconsommation photovoltaïque décolle fort. Avoir su prendre des décisions en avance de phase s’est avéré particulièrement gagnant. 
Portée par une volonté forte de s’engager dans une dynamique RSE, Gillot a fait le pari de l’autoconsommation alors que les prix de l’électricité étaient modérés. Cette stratégie pionnière à l’époque est aujourd’hui payante à la fois sur le volet environnemental et le volet économique 
La société Sofradi a quant à elle investi en anticipation de la réglementation relative à la conversion des flottes d’entreprise. Un premier projet a été réalisé. Nos équipes poursuivent leur accompagnement dans le cadre d’un second investissement car les besoins de Sofradi évoluent. Des ombrières photovoltaïques sont aussi en projet sur le parking.
Le photovoltaïque en autoconsommation et la mobilité électrique forment un couple gagnant !

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