Technologies

Valorial veut accélérer l’innovation grâce au numérique

13 juin 2016 - Pierre Christen

Pierre Weill, président du pôle de compétitivité Valorial, compte développer le numérique au service de l'aliment.

"Nous voulons accélérer l’incorporation du digital dans l’agroalimentaire. Au-delà de la nécessité intrinsèque des entreprises à accepter la transition numérique, cette évolution devient un formidable accélérateur de compétitivité. Elle est au cœur des innovations qui vont faire l’actualité de demain", affirme Pierre Weill, président de Valorial, le 2 juin dernier, lors de l’assemblée générale du pôle de compétitivité. C’est le fruit d’un constat objectif. Pour la première fois en 2015, l’axe « Technologies innovantes » se classe en tête des cinq thématiques prioritaires du pôle (les autres étant : Qualité et Sécurité des aliments, Nutrition-Santé, Ingrédients fonctionnels, Usages et marketing alimentaires). L’axe a rassemblé près des deux-tiers de la trentaine de nouveaux projets soutenus l’année dernière. " Longtemps immergé, désormais émergé, cet axe repose beaucoup sur de nouveaux outils numériques. Ils sont dédiés à la relation client ou dédiés à l’usine tels que des capteurs", précise Jean-Luc Perrot, directeur du pôle.

Ce nouveau cap va se traduire concrètement par la création de liens pour amplifier et faciliter l’usage du numérique. Pour le pôle spécialiste de l’innovation collaborative entre industriels et académiques, cela signifie créer du réseau. Ce qui passe par le recrutement de nouveaux adhérents. Leur nombre fin 2015 était de 309, en hausse de 20 %. A l’instar de Data2B, une start-up rennaise créée par Franck Gallos, connue pour avoir remporté le Second Prix de l’Innovation Big Data en 2014. Ces experts de l’analyse des méga-données sont capables d’établir des recommandations et des prévisions (de consommation, par exemple) en croisant les datas de l’entreprise et des facteurs internes et externes.

Un programme d'actions spécifique

Cela passe aussi par programme d’actions spécifique. Il comprend des journées AgrETIC (en partenariat avec BDI et la Meito), une matinale avec Isatech sur le thème « Innovation et transformation numérique », une autre avec Mychefcom sur la stratégie marketing digital. L’idée est aussi de se nourrir de savoir-faire inédits à l’international grâce à une mission exploratoire au Danemark et en Suède et une autre au CES (Consumer Electronics Show) à Las Vegas et chez les acteurs de la Food Tech dans la Silicon Valley. En octobre, le focus thématique « Bigdata agroalimentaire » livrera ses résultats, avant le 10ème colloque Valorial, prévu le 22 novembre à Rennes, sur le thème « Alimentation & Numérique ». L’ensemble fait écho à la candidature à l’appel à projet Foodtech initié par la FrenchTech.

30 à 35 projets soutenus par an

Avec 353 projets labellisés depuis 2006, dont 150 sont achevés, soit 30-35 projets par an financés chacun à hauteur de 2 millions d’euros en moyenne, Valorial est « dans une bonne dynamique », commente Jean-Luc Perrot. Illustration avec le projet « Benew » : Application fermentation lente sur viande de porc de qualité sanitaire élevée en vue de créer une charcuterie sèche. Porter par Hénaff, avec l’Ifip et Cofiporc, le projet a abouti à la mise sur le marché du saucisson sec Hénaff. La première année pleine de commercialisation est vue comme prometteuse par Loïc Hénaff, le p-dg, avec une progression des ventes de 6,6%. " L’industrie charcutière emploie des morceaux quand notre caractéristique est d’utiliser l’ensemble des morceaux nobles du porc, y compris les jambons. C’est cela qui était compliqué, relate Philippe Chancerel, directeur R&D de Hénaff. Nous pouvons ainsi réaliser la traçabilité jusqu’à l’éleveur et mettre sa photo sur l'emballage. C’est ça la clef de l’innovation ", observe-t-il.

Pour Pierre Weill, le besoin d’innovation apparaît en effet comme indispensable pour préserver l’emploi voire le développer. "Nous marchons sur des charbons ardents. C’est difficile de valoriser l’innovation dans un contexte de guerre des prix, rappelle-t-il. En parallèle, nous assistons à une montée en puissance du vegan. Cela représente 5 % des Français, essentiellement des jeunes. Ce signal est à prendre en compte, particulièrement dans l’Ouest où les produits animaux représentent une part importante de l’activité", souligne-t-il.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois