Qualité

51% de fraudes détectées dans les épices

18 juin 2018 - Marjolaine Cérou

Le DGCCRF a publié les résultats de sa dernière campagne de contrôle des épices. Défauts de qualité, erreurs d’étiquetage et l’ajout de substances de charges font partie des anomalies les plus recensées. Crédit : Fotolia.

En raison de leur rareté, des aléas climatiques et des fortes tensions sur les marchés, les épices font partie des denrées alimentaires les plus falsifiées. De fait, elles sont étroitement surveillées par la répression des fraudes. La dernière campagne de contrôle de la DGCCRF confirme ces observations. Les résultats mettent en exergue un taux d’anomalies de 51 % dont la moitié est lié à un défaut de qualité dans les 181 établissements visités (importateurs, négociants, grossistes).

Les inspecteurs ont ainsi mis en évidence dans un quart des contrôles la présence d’ingrédients de substitution, de critères physico-chimiques non respectés, de l’annonce d’une catégorie supérieure à celle observée ou encore de la présence d’autres épices ou d’ingrédients non annoncés. Illustration avec le safran pour lequel un produit mentionnant « fleur de safran » contenait en réalité de la fleur de carthame. Un autre exemple concerne du curcuma vendu comme destiné à l’alimentation, mais qui était en réalité une espèce utilisée en tant que plante médicinale et susceptible d’avoir des effets secondaires. De même, un échantillon de cannelle était annoncé comme étant originaire du Sri Lanka alors qu’il s’agissait d’une cannelle chinoise contenant une quantité importante de coumarine.

Les inspecteurs ont également ciblé l’ajout de substances de charge, une pratique couramment observée dans ces produits. Ainsi, la présence d’amidons exogènes, de sel, de sable, de grignon d’olive et de matières endogènes comme les étamines de crocus dans les safrans représentent 19 % des anomalies répertoriées.

7 % d’erreurs d’étiquetage

Les défauts d’étiquetage font aussi partie des anomalies relevées. Dans 17 % des cas, un poids net inférieur à celui annoncé, une utilisation d’une taille de caractères inférieure à celle fixée par la réglementation pour l’indication de la quantité nette ou encore une mauvaise dénomination du produit ont été observés. De plus, la présence d’allergènes non mentionnés constitue 7 % des échantillons analysés. Rappelons qu’en 2015, des protéines d'arachides non déclarées ont été détectées dans du cumin moulu. Quelque temps plus tard, des protéines d’amande avaient aussi été découvertes dans un assaisonnement à base de paprika au Royaume Uni, au Danemark, en Norvège et en Suède. Ce qui ajoute un risque sanitaire pour les personnes allergiques.

Le safran, l’épice la plus falsifiée

D’après les contrôles, le safran reste l’épice pour laquelle le plus d’anomalies ont été répertoriées (81%). Seul le stigmate du crocus contient les principes odoriférants et colorants alors que le style est constitué de cellulose. Un exemple typique de fraude est le mélange de vrai safran et de safran cellulosique. Les autres épices les plus sujettes aux adultérations sont les poivres (59 % des anomalies), les paprikas et piments (54%), les curry et curcuma (41%).

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